Histoire et déboires de l’aéroport d’Aulnat
Ryanair a annoncé la fermeture de ses 3 lignes vers Porto, Londres et Fes en mars prochain. Il s’agit d’un coup dur pour l’aéroport de Clermont-Aulnat qui depuis les années 60 doit toujours composer les tumultes économiques du transport aérien.
L’histoire de l’aéroport de Clermont Auvergne-Aulnat débute avec la première guerre mondiale.
Alors que Michelin participe à l’effort de guerre en mettant ses ateliers au service de la construction d’avions de guerre Breguet, Édouard Michelin donne l’ordre de trouver rapidement un terrain pouvant être aménagé en aérodrome. À proximité du village d’Aulnat, de vastes terres agricoles planes, conviennent parfaitement pour faire décoller et atterrir des aéroplanes. Problème avec la terre agricole un peu collante, les roues des trains d’atterrissage font voler des mottes qui endommagent les hélices. Le ciment se révèle être la solution au problème et, en 1916, Aulnat devient le premier aérodrome au monde à disposer d’une piste en dur. (une relique de cette piste subsiste devant l’aérogare actuelle, sous la maquette du Breguet).
À la fin de la grande guerre, consciente des qualités du terrain d’aviation d’Aulnat, l’US Air Force y ouvre une école de formation de pilotes et de bombardiers alors que la première ligne commerciale reliant Genève à Bordeaux, via Lyon et Clermont ouvre en 1929. En 1937, le département du Puy-de-Dôme finance la construction de la première aérogare, aujourd’hui disparue, construite dans le style art-déco.
Bombardé en 1944
À la fin des années 30, la base aérienne 745 Aulnat, créée en 1911, est toujours présente et le GAO Groupe Aérien d’Observation, installé sur le terrain, voit son caractère militaire se préciser. En 1939, le bâtiment de l’ARAA Atelier de Réparations de l’Armée de l’air, devient fonctionnel. Il assure la maintenance des avions militaires. En novembre 1942, avec l’invasion de la zone libre, la base est occupée par les Allemands, puis utilisée par la Luftwaffe à partir de 1943 pour stocker des appareils d’entraînement. L’ARAA, devenu AIA, Atelier Industriel de l’Air, après l’armistice de juin 40, se voit contraint de travailler pour les Allemands. Aulnat devient naturellement la cible d’un bombardement allié en 1944, qui détruit 90% des installations.
La reprise des activités commerciales est effective 4 ans plus tard en 1948. Les vols et les passagers de plus en plus nombreux, conduisent à la construction d’une nouvelle aérogare en 1973, rénovée dans les années 90, alors que la base aérienne 745, après avoir été pôle de formation, est dissoute en 1985.
L’AIA, toujours en activité, utilise la piste de manière régulière.
1,1 million de passagers annuels à Aulnat en 1999/2000
Dès les années 60, le trafic commercial sur l’aéroport d’Aulnat s’intensifie. Air Inter exploite la ligne vers Paris-Orly, puis Air France, prend le relais vers Orly et Roissy.
Dans les années 80, c’est l’optimisme dans l’aérien clermontois. La CAL, Compagnie aérienne du Languedoc s’installe à Aulnat avec des lignes régionales régulières, puis fusionne avec Air Littoral. C’est le début de la séquence « âge d’or » de l’aéroport marquée par une innovation importante : le hub régional. L’aéroport devient un point de correspondance unique en France. Les passagers se dirigeant vers des villes de province comme Nantes, Nice ou Bordeaux… ne transitent plus par Paris mais par Aulnat. En 1999/2000, l’aéroport atteint des records en frôlant les 1,1 million de passagers annuels. Malheureusement, la compagnie Air Littoral est dissoute en 2004, laissant le fameux hub de Clermont bien vide…
Au début des années 2000, Air France absorbe Regional Airlines qui devient Brit Air puis Hop! et décide de transférer ses activités sur Lyon et Roissy. Le hub clermontois grouillant de passagers devient alors un souvenir.
Dans un secteur en crise, ce sont les compagnies Low Coast qui prennent le relais avec des destinations saisonnières. La Corse, Porto, Marakech, Fes, Londres… s’affichent sur les tableaux d’embarquement, mais on ne parle plus que de 300 à 400 000 passagers annuels.
Nouveau coup dur, avec Air France qui décide de fermer la ligne vers Orly après le Covid. La tentative de réouverture de la liaison avec Amélia fait long feu, malgré une aide au démarrage de 700 000 euros accordée par la Région. « Je t’aime moi non plus » avec Ryanair
Source de l’article : 7 Jours à Clermont



Laisser un commentaire