Tomates marocaines : les importateurs européens plus souples
La filière des tomates marocaines se relance grâce aux pluies abondantes de fin 2025, qui ont restauré les ressources hydriques et favorisé la croissance des cultures. La production d’automne, qui atteint 2,1 millions de tonnes, permet de sécuriser le marché local et de répondre à la demande européenne. Les importateurs du Vieux continent, temporairement plus souples tant sur les calibres que sur les formes, facilitent l’exportation, sans réel effet sur les prix de la tomate sur le marché national.
La filière des tomates marocaines traverse une période de transition. Après sept années de sécheresse prolongée, les pluies, abondantes depuis novembre 2025, ont restauré partiellement les ressources hydriques et permis de relancer la croissance des cultures maraîchères.
Selon HortiDaily, cette reprise est cruciale pour stabiliser l’offre, mais elle apporte également de nouveaux défis phytosanitaires. En effet, la pluviométrie exceptionnelle enregistrée depuis novembre dernier a permis de reconstituer les barrages stratégiques, essentiels à l’irrigation des tomates.
Dans le Souss-Massa, principal bassin de production, les sols sont désormais humides et favorables à la croissance des plants, promettant des rendements supérieurs aux années précédentes. La production d’automne 2025 est estimée à 2,1 millions de tonnes de légumes précoces, incluant tomates et poivrons. Cette quantité permet à la fois de répondre à la demande européenne et de sécuriser l’offre locale, contribuant à la stabilisation des prix pour les consommateurs marocains.
Risques phytosanitaires liés à l’humidité
L’humidité élevée favorise toutefois l’apparition de maladies fongiques, notamment le mildiou, qui peuvent affecter la qualité et les volumes exportables. Même les variétés résistantes aux virus comme le ToBRFV ne garantissent pas une protection totale. Les producteurs ont donc adapté les traitements phytosanitaires et les pratiques, en privilégiant la rotation culturale, le choix de variétés adaptées et la formation des équipes sur les protocoles de lutte intégrée pour assurer des récoltes saines.
Face à une offre encore hétérogène, les importateurs européens ont temporairement assoupli leurs exigences sur les calibres et formes des tomates marocaines. Ce relâchement est conjoncturel et ne remet pas en cause les standards structurels du marché. Il est à souligner, par ailleurs, que cette flexibilité n’affecte pas, jusqu’ici, le marché domestique, qui absorbe aisément les fruits de qualité irrégulière.
Grâce à des volumes suffisants et à une production régulière, l’offre intérieure reste stable, garantissant un approvisionnement sécurisé et des prix maintenus pour les consommateurs locaux.
Rappel FIFEL et gestion du risque de pénurie « Les Inspirations Éco » avait déjà soulevé, en novembre dernier, la question d’une possible pénurie de tomates au Maroc. À l’époque, la Fédération interprofessionnelle marocaine (FIFEL) avait tempéré ces inquiétudes, soulignant que les projections alarmistes ne reflétaient pas la réalité du terrain.
L’association insistait sur la nécessité d’adapter les variétés aux maladies et sur le suivi rigoureux des cultures pour sécuriser les rendements, tout en maintenant une lecture prudente des aléas climatiques et phytosanitaires.
Les tomates destinées à l’Europe subissent parfois des retards logistiques et des congestions portuaires, entraînant des pertes de qualité.
Les producteurs et exportateurs optimisent donc les circuits de transport et les conditions de stockage. Ils utilisent ainsi chambres froides et conditionnement adapté pour limiter les impacts négatifs. Ces ajustements saisonniers, guidés par les prévisions climatiques, contribuent à sécuriser les volumes et la qualité des exportations.
Développer l’export, stabiliser le marché domestique
Malgré ces défis, la filière est sur une trajectoire positive : l’offre devient plus régulière et les volumes exportables s’améliorent. L’adaptation aux nouvelles contraintes climatiques et phytosanitaires renforce la position du Maroc sur le marché européen tout en assurant la sécurité du marché local.
La transition post-sécheresse représente une opportunité de redressement pour la filière, avec un double objectif : maintenir des rendements élevés et prévenir les maladies liées à l’humidité. La situation des tomates marocaines témoigne de la résilience de la filière face aux aléas climatiques.
La fin de la sécheresse marque le début d’une nouvelle ère où l’adaptation phytosanitaire, la gestion logistique et la qualité des fruits détermineront le succès des exportations. Pour 2026, le Maroc pourra fournir une production plus abondante et régulière, tout en garantissant un marché domestique stable et des prix protégés.
Pour y arriver, la filière bénéficie d’un soutien étatique important. Pour la campagne 2024‑2025, plus de 1,46 milliard de dirhams ont été mobilisés pour accompagner les producteurs dans l’achat de semences et de plants, couvrant environ 30.000 hectares de cultures. Ces aides renforcent la sécurité de la production, garantissant une offre suffisante pour le marché local et contribuant à stabiliser les prix pour les consommateurs marocains.
Ramadan : la production agricole bien partie
La campagne agricole 2025/2026 bénéficie de pluies et de chutes de neige abondantes depuis mi-novembre. Ces précipitations reconstituent les ressources en eau et améliorent considérablement les conditions de croissance pour les cultures maraîchères et arboricoles.
Selon le ministère de l’Agriculture, environ 100.000 hectares de légumes d’automne ont déjà été plantés, avec une production attendue de 2,1 millions de tonnes, soit 300.000 tonnes de plus que la saison précédente. Cette disponibilité accrue permet d’assurer une offre continue sur le marché intérieur, notamment pendant la période du Ramadan, et contribue à stabiliser les prix pour les consommateurs marocains.
Les cultures fruitières profitent également de ces conditions favorables : la production d’agrumes devrait atteindre 1,9 million de tonnes, les olives près de 2 millions de tonnes et les dattes 160.000 tonnes, en nette progression par rapport à la saison précédente.
La pluviométrie exceptionnelle, supérieure de 54% à la moyenne sur 30 ans, soutient la floraison et la nouaison dans les principales régions productrices, offrant ainsi des perspectives positives pour l’ensemble de la filière maraîchère et fruitière marocaine.
Abdelhafid Marzak / Les Inspirations ÉCO
Source de l’article : LesEco.ma



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