le Maroc façonne l’offre mondiale
Le U.S. Geological Survey recense les données relatives au Maroc dans plusieurs filières minières mondiales. Le rapport met en évidence l’ampleur des réserves phosphatières du Royaume, ainsi que sa présence dans des segments plus spécialisés, notamment l’arsenic et la barite, à travers des volumes de production et des flux commerciaux précisément documentés.
Dans son édition 2025 des « Mineral Commodity Summaries » , le U.S. Geological Survey livre une cartographie précise des matières premières minérales à l’échelle mondiale. Le Maroc y occupe une place singulière, non par la diversité de son sous-sol, mais par le poids structurel de certaines filières qui conditionnent, directement ou indirectement, des équilibres économiques globaux.
Le phosphate en constitue l’axe central. Le rapport classe le Maroc parmi les tout premiers producteurs mondiaux de phosphate rock, aux côtés de la Chine, des États-Unis et de la Russie. En 2024, la production marocaine est estimée à 30 millions de tonnes, contre 33 millions l’année précédente. Cette variation annuelle n’altère toutefois pas l’essentiel : les réserves du Royaume sont évaluées à 50 milliards de tonnes, soit la part la plus importante jamais recensée à l’échelle mondiale.
L’USGS souligne que les ressources planétaires de phosphate dépassent 300 milliards de tonnes et qu’aucune pénurie n’est anticipée à court terme, mais précise que les plus grands gisements s’inscrivent dans une géographie restreinte, où le Maroc occupe une position dominante. Le rapport note également que des extensions de capacités sont en cours au Maroc et devraient être achevées d’ici 2027, dans un contexte de hausse tendancielle de la consommation mondiale de phosphore destiné aux engrais, projetée à près de 52 millions de tonnes de P₂O₅ en 2028.
Dans les échanges commerciaux, la présence marocaine apparaît plus discrète mais demeure explicitement documentée. Les États-Unis importent l’essentiel de leur phosphate rock du Pérou, mais le Maroc figure parmi les pays fournisseurs, avec environ 2 % des volumes sur la période 2020–2023, une part modeste mais stable, mentionnée dans un marché particulièrement suivi par les autorités américaines.
Au-delà du phosphate, le rapport consacre plusieurs développements à l’arsenic, un segment moins visible mais technologiquement sensible. Le Maroc est cité parmi les trois principaux producteurs mondiaux d’arsenic trioxide, aux côtés du Pérou et de la Chine. Sa production annuelle est estimée à 6 000 tonnes, pour une capacité de raffinage de 8 000 tonnes. L’USGS précise que cette activité est localisée au complexe hydrométallurgique de Guemassa, près de Marrakech, à partir du minerai cobalt-arsénié du gisement de Bou Azzer. Sur le marché américain, le Maroc fournit 26 % des importations d’arsenic toutes formes confondues, et 34 % pour l’arsenic trioxide, utilisé notamment dans les industries du bois traité, des semi-conducteurs et de certaines applications chimiques spécialisées.
La barite constitue un troisième point d’ancrage. Le rapport estime la production marocaine à environ un million de tonnes par an. Le Royaume figure parmi les pays contributeurs à l’approvisionnement des États-Unis, représentant 17 % des importations américaines sur la période 2020–2023. Ce minéral, largement employé dans les fluides de forage pétrolier et gazier, fait partie des matières pour lesquelles les États-Unis affichent une dépendance structurelle aux importations, supérieure à 75 % .
Sans appréciation normative ni commentaire institutionnel, le document de l’USGS décrit ainsi un Maroc solidement installé dans plusieurs chaînes d’approvisionnement minérales majeures, avec un rôle particulièrement marqué dans le phosphate et une présence confirmée dans des filières plus spécialisées, à forte intensité industrielle et technologique.
Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc



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