La manufacture est le premier secteur exportateur au Maroc, selon l’OMTPME
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L’édition 2025 du rapport annuel de l’Observatoire marocain de la TPME, présentée janvier dernier à Casablanca, dresse un portrait analytique très riche du tissu des entreprises marocaines. Dans ce rapport, on découvre que l’industrie manufacturière est le principal secteur exportateur, avec un montant total exporté de 294 MMDH en 2024, soit 56,5% du total du CA cumulé à l’export.
L’Observatoire Marocain de la Très Petite, Petite et Moyenne Entreprise (OMTPME) a été créé en 2013 par Bank Al-Maghrib et ses partenaires issus à la fois des secteurs public et privé. A travers une collecte continue de données auprès de ses partenaires (DGI, OMPIC, CNSS…), l’Observatoire a pu élaborer un répertoire quasi-exhaustif des entreprises formelles et actives au Maroc, couvrant diverses périodes. Dans cette 6ème édition, l’Observatoire a étendu le champ de la collecte et de l’exploitation des données, renforçant la granularité et la profondeur des analyses.
Cette édition a dévoilé un inventaire très riche et détaillé de la population des Entreprises personnes morales actives (EPMA) au Maroc. On y découvre que, selon les données communiquées par la DGI, 380 mille entreprises PM ont déposé une déclaration fiscale en 2024. La part des micro-entreprises dans le total s’est établie à 86,6% et celui des TPE à 7,4%. Et, selon les données communiquées par l’OMPIC, les créations de nouvelles entreprises se sont accélérées, avec 68.000 sociétés PM additionnelles au cours de l’année 2024, soit une hausse de 5,5% par rapport à 2023. Parallèlement, le nombre d’entreprises PM en cours de dissolution en 2024 a continué d’augmenter, atteignant 11.596, soit une hausse annuelle de 6,3% par rapport à 2023. L’analyse des EPMA par forme juridique révèle que la SARL demeure la forme juridique dominante, concentrant 51,7% des entreprises en 2024 et les sociétés anonymes (SA) maintiennent une part quasi-stable de 2,1%.
Au plan sectoriel, il est relevé que plus de la moitié des EPMA exercent leurs activités dans deux secteurs : le commerce et la « construction » . Ainsi, 37,6% de l’effectif des moyennes entreprises (ME) et grandes entreprises (GE) opèrent dans le commerce et 15,6% dans la construction. Pour ce qui est des micro-entreprises (Micro) et des petites entreprises (PE), ces proportions sont de 28,2% et 23,2%.
La répartition régionale du tissu des EPMA révèle que la région de Casablanca-Settat a concentré près de 38% du nombre total de ce tissu. Elle est suivie par les régions de Rabat-Salé-Kénitra et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, qui ont accueilli respectivement 14,1% et 12,7%. Ainsi, ces trois régions, formant l’axe Tanger–El Jadida, centralisent à elles seules plus de 64% de ces EPMA.
S’agissant cette fois des Indicateurs économiques, le chiffre d’affaires (CA) global des EPMA a atteint 2.628 MM DH en 2024, soit une hausse de 9,4% par rapport à 2023. L’analyse du CA par catégorie d’entreprises révèle la prédominance des GE qui représentent 63,7 du CA global, suivies par les ME 12,8%, les PE 13,8%, les TPE 5,7% et les Micro 4%.
En 2024, trois secteurs concentrent 73,1% du CA cumulé des EPMA. Ainsi, le « commerce ; réparation d’automobiles et de motocycles » reste en tête avec une part de 34,9%. Il est suivi par l’ « industrie manufacturière » qui atteint 25,4%, et par la « construction » dont la contribution s’élève à 12,8 %. La part du secteur des « industries extractives » enregistre un recul avec une baisse de 22,3% de son CA en 2024 et qui voit sa part passer ainsi de 4,1% en 2023 à 2,9% en 2024, principalement sous l’effet de la chute de 24,8% du CA de l’activité « extraction de minerais de fer » , laquelle représente à elle seule 91,4% de la production du secteur.
S’agissant du chiffre d’affaires à l’export des EPMA, ce dernier a rebondi de 12,7% à 521 MM DH en 2024, après une croissance modérée en 2023 (4,8%). Ce CA à l’export a été réalisé pour presque 80% par les GE, les parts des ME, des PE et des TPE étant limitées à 9,8%, 6,8% et 2,1% respectivement. On y découvre surtout que l’industrie manufacturière est le principal secteur exportateur, avec un total de 294 MM DH, représentant 56,5% du total du CA cumulé à l’export, contre 44,6% en 2023, soit une hausse remarquable de 42,7%. Le secteur du commerce, vient en deuxième position avec un CA à l’export de 87,9 MM DH, en progression de 10%, portant sa part à 16,9%. Les « industries extractives » enregistrent la baisse la plus importante, avec une chute de 62,8%, faisant passer leur part de 15,5% à 5% qui s’explique par la baisse du CA à l’export de l’activité des « extractions de minerais de fer » , qui représente la quasi-totalité du secteur et qui a reculé de 63%.L’analyse de la ventilation régionale du CA à l’export par catégorie d’entreprises révèle une forte concentration des ME/GE dans les principaux pôles économiques, à Casablanca-Settat, Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Rabat-Salé-Kénitra, qui génèrent ensemble 90,5% du CA à l’export de ces entreprises, contre 72,7% pour les TPE.
Ainsi, avec l’amélioration de la part de l’industrie manufacturière à plus de 56% dans le CA total exporté, le Maroc consolide sa position comme un pôle industriel en Afrique, et ce, grâce au secteur automobile et aéronautique. Selon la dernière note du cabinet international BMI, filiale de Fitch Solutions, le Royaume continue de s’imposer comme l’un des pôles clés de l’investissement automobile dans la région MENA. En effet, en 2025 le Royaume se classe au deuxième rang des marchés automobiles les plus dynamiques de la région en matière de nouveaux projets d’investissement, avec 23 projets recensés sur l’année.
Source de l’article : Challenge.ma



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