Aéroport de Bordeaux : des nouveautés pour 2026 et un investissement « exceptionnel » de 250 millions d’euros sur cinq ans
1 Investissements : 250 millions d’euros sur cinq ans « En 2025, nous avons investi quasiment 26 millions d’euros et nous prévoyons d’atteindre 65 millions en 2026. » À l’horizon 2030, le chiffre total avancé est de 250 millions d’euros. Du « jamais vu » , ou du moins un effort historique pour la plateforme régionale, qui témoigne pour le moins de la confiance des banques. Car si l’État qui reste bien l’actionnaire majoritaire d’ADBM, les autres étant la Chambre de commerce (CCI) et les collectivités, « l’aéroport porte seul ces investissements, il n’y a pas d’apport d’argent public » , précise le directeur. Malgré le contexte économique incertain, « nous sommes une entreprise qui recrute et investit » . Le site de 850 hectares représente « un pôle économique de 8 000 emplois » à ce jour.
2 En 2025, « appel d’air » et services qualité
Premier satisfecit pour l’aéroport, le trafic de l’année 2025 « au-delà des prévisions » , avec 5,9 millions de passagers. Et ce, malgré la disparition de la navette avec Orly en 2021 (600 000 passagers) et le retrait de Ryanair en 2024. « Trente-huit nouvelles lignes ont été ouvertes l’an dernier, dont neuf nouvelles et 25 reprises » après le départ de la compagnie irlandaise. Ce dernier a constitué un « véritable appel d’air » pour toutes les autres compagnies, constate Simon Dreschel. Outre l’arrivée du hongrois Wizzair, on pointe une forte hausse du nombre de sièges proposés par Volotea (+ 50 %), Turkish Airlines (+ 40 %), Transavia, Easy Jet… En 2025, 26 compagnies étaient accueillies, pour 30 pays et plus de 80 destinations, avec un taux de remplissage des avions de 83 %.
L’année aurait été celle de l’ « amélioration de la qualité de service » , axe majeur de la stratégie maison, qui s’est traduite par l’ « obtention du niveau 2 du programme ASQ (Airport Service Quality) » et une progression de la note Google Avis (3,7/5). De quoi faire oublier le « bad buzz » du titre de « pire aéroport d’Europe » , décerné par le même indicateur en 2019… En tout cas, un chantier majeur en 2025, de la réfection du terminal Billi à celle des sanitaires et escalators, en passant par le doublement des écrans, l’amélioration du Wi-Fi, la rénovation du hall A, la création de trois zones de gaming, l’accès pour les personnes à mobilité réduite…
3 En 2026, plus de trafic et de nouvelles destinations
Pour 2026, l’aéroport table sur une croissance « maîtrisée » avec un trafic de 6,2 millions de passagers et annonce l’arrivée en mai de la compagnie scandinave SAS. En plus de lignes nouvelles qui renforcent l’offre existante (Londres-Luton, Nice, Palerme, Séville), sept nouvelles destinations sont annoncées : Bucarest, Budapest, Prague, Hurghada (Égypte), Cagliari, Valence et Fort-de-France. On note que certaines étaient déjà proposées dans le passé, les voilà réactivées dans un contexte où « beaucoup de compagnies vont encore monter en puissance » , comme Lufthansa ou Air Maroc, en plus de celles citées plus haut.
4 Le projet bâtimentaire : 140 millions d’euros et quatre ans de travaux « 2026 verra le début des grands travaux de l’aéroport » , présente Jean Chadoutaud, directeur des opérations techniques. Soit le lancement du « projet bâtimentaire » : 140 millions d’euros sur quatre ans, pour transformer les vieux locaux « parfois vétustes » en bâtiment moderne, durable ( « aux normes HQE » ), fonctionnel pour ceux qui y travaillent et capable d’ « offrir une expérience digne des meilleurs standards internationaux » aux voyageurs. La « pièce maîtresse » sera la création d’un bâtiment central qui s’insérera entre les halls A et B. On prévoit un point d’entrée unique, de nouveaux portiques et tris bagages pour plus de fluidité ( « nous ciblons un temps d’attente maximum de dix minutes » )… Et aussi un espace de détente et de commerces étendu (5 000 mètres carrés), synonyme de nouveaux bénéfices, avec vue panoramique sur la piste. Les travaux de démolition des bâtiments anciens débutant mi-2026. Livraison finale en 2030 donc, avec une « première phase de mise en service pour fin 2028 » . Durant les travaux, « l’aéroport restera ouvert et pleinement opérationnel » , promet-on.
5 Décarboner l’aéroport… Et aussi le trafic ?
Pas de perspectives aéroportuaires sans volet « transition énergétique » , et Simon Dreschel est rompu à l’exercice. « La décarbonation accélérée est notre priorité absolue » , affirme le président. L’aéroport est au niveau 3 du programme ACA (Airport Carbon Accreditation, qui compte sept niveaux) et vise le niveau 4 pour 2026, ce qui passe par la réduction des besoins énergétiques (moins 19 % en 2025 par rapport à 2019), via notamment la géothermie et l’électrification. Deux ombrières photovoltaïques seront déployées d’ici à 2027 sur les parkings P4 (65 000 mètres carrés) et P2 (12 500 mètres carrés). « La première fournira de l’énergie sur le réseau, la seconde sera dédiée à l’autoconsommation de l’aéroport. » L’objectif est « d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2030 » . Ce qui ne se fera pas sans compensations (reforestation, etc.).
Certes, mais quid de l’éléphant (volant) dans la pièce : le trafic aérien, avec ses projections de croissance ? « La décarbonation vise aussi les émissions des compagnies partenaires » , pose Simon Dreschel, rappelant que l’aéroport a investi 7 millions d’euros pour fournir de l’électricité aux avions au sol, afin de remplacer les groupes électrogènes thermiques. Ou se positionne depuis 2022 en « pionnier des carburants durables » , proposant un biocarburant local (essentiellement à base d’huiles usagées), tout en précisant que l’option reste minoritaire (environ 2 % du carburant distribué).
Source de l’article : Sud Ouest



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