Après Glovo, le Conseil de la concurrence veut plus de régularisation du marché numérique
Lors de sa rencontre annuelle avec les médias, le Conseil de la concurrence a choisi de mettre en lumière un dossier emblématique pour l’année 2025 : celui de la plateforme de livraison Glovo. Une affaire présentée comme un tournant dans la régulation des plateformes numériques au Maroc.
À l’origine du dossier, deux procédures distinctes. La première a été engagée d’office par le Conseil dans le cadre de sa mission de surveillance des marchés, afin d’évaluer les pratiques commerciales mises en œuvre par Glovo au Maroc. La seconde fait suite à une saisine d’un opérateur concurrent, dénonçant des frais et des conditions susceptibles de constituer un abus de position dominante.
Le Conseil a rappelé le poids croissant du marché des plateformes de commande et de livraison : en 2024, il représente près de 25 millions de commandes pour un chiffre d’affaires estimé à 3 milliards de dirhams. Plus de 6 000 partenaires commerciaux y sont actifs, tandis que 17% des Marocains déclarent utiliser des applications de commande de repas, contre à peine 3% en 2019, la pandémie de Covid-19 ayant servi d’accélérateur.
Présente au Maroc depuis 2018, Glovo a progressivement étendu son activité à la grande distribution et au commerce spécialisé, avant de lancer en 2020 son service « market » , reposant sur ses propres magasins. L’entreprise revendique aujourd’hui 6 500 partenaires, une présence dans 35 villes, 9 000 livreurs indépendants et environ 80% des utilisateurs du marché.
L’instruction de l’affaire s’est distinguée par son ampleur. Pour la première fois, le Conseil a mené une opération de visite et de saisie dans les locaux de l’entreprise, en parallèle d’auditions de concurrents, de partenaires commerciaux et d’utilisateurs. Ces investigations ont mis en évidence des pratiques susceptibles de porter atteinte à la concurrence et à l’indépendance économique de certains partenaires.
Un cas d’école pour une régulation plus proactive des marchés numériques
Plutôt que de contester les griefs, Glovo a opté pour la procédure transactionnelle prévue par la loi, permettant une clôture accélérée du dossier en échange d’engagements structurants. Validés en juillet 2025, ces engagements vont au-delà des seuls aspects contractuels : suppression des clauses d’exclusivité, plafonnement des commissions à 30%, renforcement de la transparence, mais aussi des mesures inédites en faveur des livreurs, incluant une garantie minimale de revenus par heure travaillée et un dispositif de suivi de la sécurité routière.
Pour le Conseil de la concurrence, le dossier Glovo constitue une porte d’entrée vers une régulation plus proactive des marchés numériques, caractérisés par des effets de réseau, un accès asymétrique aux données et des risques accrus de domination. L’institution affirme d’ailleurs que ses travaux se poursuivent sur d’autres plateformes, notamment dans l’hébergement touristique et le transport.
Source de l’article : Yabiladi.com



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