AEFE : jusqu’à 10.000 DH de hausse, les parents d’élèves se mobilisent

AEFE : jusqu’à 10.000 DH de hausse, les parents d’élèves se mobilisent

Une série de hausses décidée par le réseau des établissements français au Maroc, affectant de 10.000 dirhams à peu près la scolarité, occasionne une fronde en cours de généralisation, de la part des parents d’élèves desdits établissements.

Rabat et Kénitra la semaine dernière, puis Marrakech cette semaine. Manifestement, la mesure, prise le 18 décembre dernier par le conseil d’administration de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), passe mal. En témoigne les manifestations des parents d’élèves dans différents établissements du réseau d’établissements français.

En effet, au sortir d’un conseil d’administration, la direction de l’AEFE a décidé de majorations et autres frais qui, cumulés, peuvent peser jusqu’à 10 000 dirhams (DH) par enfant. Une mesure dont l’application se fera sine die, c’est-à-dire pour l’année scolaire en cours.

Depuis le constat de son effectivité, cette mesure a engendré une contestation se répand comme une traînée de poudre. La semaine dernière, à Rabat et à Kénitra, plusieurs parents d’élèves se sont passés le mot pour s’agglutiner devant les entrées des établissements concernés pour exprimer à la fois opposition et désarroi face à la mesure prise à la limite au forceps. D’après des parents d’élèves, cette décision a été acquise « grâce à la voix prépondérante de la direction de l’AEFE, loin de toute unanimité » .

AEFE: Marrakech sort les muscles

Cette semaine, Marrakech a pris le relais de la fronde. En effet, un collectif regroupant 3 associations de parents d’élèves a appelé à une mobilisation collective, solidaire et déterminée. Dans une note parvenue à notre Rédaction, ce collectif s’insurge contre ce qu’il qualifie de « basculement progressif de l’enseignement français à l’étranger d’un service public vers un modèle marchand, sélectif, et socialement excluant » .

Dans cette perspective, ce collectif émanant principalement de parents dont les élèves sont inscrits au Lycée international français Victor Hugo de Marrakech a annoncé deux actions majeures imminentes. La première, qui se tiendra dès demain mardi 3 février à 17h au sein dudit lycée. Ce premier test qui prendra la forme d’une rencontre d’information, devrait préparer le terrain à un rassemblement d’envergure prévu le surlendemain jeudi 5 février dès 8h devant la loge du lycée.

À Casablanca, le lycée Lyautey que nous avons joint pour comprendre les motivations réelles de ces hausses impactant la scolarité, nous a ramenés aux services de l’ambassade de France à Rabat qui eux n’ont jusque-là pas fait de suite à notre requête.

Hausse de la scolarité : fruit d’un désengagement

Mais déjà, ce que l’on a pu savoir du communiqué du collectif de Marrakect, ces frais additionnels résulteraient du transfert progressif du coût des pensions civiles des personnes détachées vers les établissements en gestion directe (EGD). Le coût de ce transfert fixé à 35% en 2026, devrait atteindre 50% l’année prochaine. Comme conséquence, ce mécanisme imputerait une augmentation de 5,7% cette année à 7% l’année suivante, une hausse de 5000 DH nette pour les premières inscription, atteignant désormais 30 000 DH, ainsi que des droits annuels d’inscription ciblés à un certain nombre d’établissement.

C’est donc l’ensemble de ces mesures qui occasionnerait la note salée de quasiment 10 000 DH de majoration dont les parents ne veulent pas. Tout en réaffirmant leur attachement au principe d’EGD, le collectif des parents d’élèves du Lycée de Marrakech affirme néanmoins que « les familles ne peuvent ni ne doivent compenser le désengagement de l’Etat français et le sous-financement structurel de l’AEFE » .

Pour ceux de Rabat, admettant certes « la réalité de l’effort collectif face aux coupes budgétaires subies par l’Agence, contestent toutefois la manière dont cet effort est réparti et mis en œuvre. » Les parents ont le sentiment que la réponse apportée est avant tout comptable, pensée dans une logique de trésorerie à court terme, sans vision pluriannuelle ni débat réel sur les alternatives possibles « , a déploré l’un de leur premier responsable dans les colonnes de la presse. De plus, des questions de gouvernance et de transparence sont également soulevées.

En tout état de cause, de part et d’autres, les parents d’élèves semblent s’être passés le mot. Même si dans le fond rien ne semble empêcher l’application effective de cette mesure, ils n’entendent pas non plus la laisser passer comme lettre à la poste. Les jour à venir situeront sur l’issue de ce qui semble être un bras de fer entre l’administration des écoles du réseau AEFE, et les parents des élèves qui y sont inscrits.

Source de l’article : H24info

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