Procès du narcobanditisme à Saint-Ouen : l’ombre du « Malsain » plane depuis le Maroc

Procès du narcobanditisme à Saint-Ouen : l’ombre du « Malsain » plane depuis le Maroc

La justice française entame ce lundi 2 février un procès d’envergure consacré à une spirale de violences qui a endeuillé la commune de Saint-Ouen à l’automne 2020. Au cœur de cette affaire, El Mehdi Zouhairi, surnommé « Malsain » ou « le Gros » , est renvoyé pour un double meurtre et une sextuple tentative de meurtre commis en l’espace de quelques semaines. Absent du box des accusés, celui qui est décrit comme le dirigeant du point de deal des « Boutes » aurait piloté ces expéditions punitives depuis le Maroc, où il s’est installé après l’assassinat de son rival Mohamed Gacem en 2019.

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L’acte d’accusation détaille une tragédie dictée par une volonté de vengeance et de contrôle territorial. Le 14 septembre 2020, Tidiane Bagayoko, 17 ans, et Sofiane Mjaiber, surnommé « le Marocain » , ont été abattus dans les caves de la cité Soubise alors qu’ils faisaient les comptes de la journée. Mjaiber, frère d’un ancien associé de Zouhairi ayant changé d’alliance pour rejoindre le clan adverse, aurait été la cible d’un contrat de 200 000 euros. Selon les enquêteurs de la brigade criminelle, le commanditaire aurait confié la direction de ce double homicide aux frères jumeaux Samuel et Jérémy Y., lesquels auraient ensuite recruté les tireurs présumés, relate Paris Match.

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L’enquête a mis en lumière un mode opératoire brutal, s’appuyant sur des exploitations techniques de conversations téléphoniques. Un bras droit présumé de l’organisation a ainsi affirmé que le chef de réseau souhaitait « semer la terreur » en ordonnant des meurtres directement depuis le Maroc. Cette stratégie d’intimidation s’est prolongée le 3 octobre 2020 à la cité Ampère, où une rafale de Kalashnikov a visé six personnes dans l’espoir de récupérer un point de deal stratégique. Les perquisitions menées durant l’instruction ont permis la saisie d’un arsenal conséquent, incluant pistolets-mitrailleurs et armes de poing munies de nombreuses munitions.

Le profil d’El Mehdi Zouhairi interpelle les experts par sa dualité. Ancien président d’une société de production ayant propulsé la carrière de rappeurs connus, cet homme au quotient intellectuel jugé nettement au-dessus de la moyenne a grandi dans un environnement marqué par l’absence d’un père retourné vivre au Maroc. Déjà condamné par contumace à dix ans de réclusion pour d’autres projets criminels, il demeure aujourd’hui la figure centrale d’un procès dont les débats, prévus pour durer un mois, devront faire la lumière sur l’organisation logistique de ces règlements de comptes.

Source de l’article : Bladi.net

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