Stellantis Maroc pose ses fondations en 2025 [Vidéo]
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Au-delà d’une forte croissance commerciale, Stellantis Maroc a profondément restructuré sa présence dans le Royaume en intégrant production, ingénierie, distribution, financement et après-vente. Une année charnière que son Directeur général, Yves Peyrot des Gachons, qualifie d’ « année de réalisations importantes » . Détails.
Chez Stellantis Maroc, 2025 ne se résume pas à une simple progression des ventes. Certes, les indicateurs commerciaux sont au vert : dans un marché automobile national en hausse de 33,4 %, le groupe revendique 42 901 véhicules écoulés, soit +22,5 % sur un an, pour 18,2 % de part de marché. Quatre marques du portefeuille – Peugeot, Fiat, Citroën et Opel – figurent dans le Top 10, tandis que Stellantis affirme occuper la première place sur l’hybride avec 5 691 unités, représentant 23 % du segment.
Mais pour la direction, l’enjeu dépasse largement la performance conjoncturelle. L’exercice marque surtout un tournant stratégique. « Je pense que 2025, je m’en souviendrai… ça a été une année de réalisations importantes. Beaucoup de projets ont abouti et nous avons posé beaucoup de fondations pour la suite » , déclare Yves Peyrot des Gachons.
Le dirigeant parle moins de volumes que de structure. Son message est clair : Stellantis ne veut plus être perçu comme un simple distributeur multimarque, mais comme un acteur industriel intégré. « Nous sommes présents sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Ce n’est pas du tout le cas dans beaucoup de pays » .
Un modèle intégré de bout en bout
Au Maroc, le groupe couvre désormais l’ensemble des maillons stratégiques de l’automobile : ingénierie, production, distribution, financement et services. Cette intégration verticale vise à capter davantage de valeur localement, à mieux maîtriser l’expérience client et à réduire la dépendance aux intermédiaires.
Le premier pilier repose sur l’Africa Technical Center, basé à Casablanca, qui regroupe plus d’un millier d’ingénieurs marocains travaillant sur la recherche et développement et sur les nouvelles solutions de mobilité. Le site positionne le Royaume non plus seulement comme une base d’assemblage, mais comme un centre de conception au service de la région.
Deuxième pilier : l’outil industriel. L’usine de Kénitra, présentée comme « l’une des plus performantes du groupe » , poursuit sa montée en cadence avec un doublement capacitaire en cours vers plus de 500 000 unités. Le site produit à la fois des véhicules thermiques et des solutions de micromobilité électrique comme la Citroën Ami, la Fiat Topolino ou le tricycle FIAT Tris. À travers cette diversification, Stellantis cherche à faire du Maroc un véritable hub industriel régional.
Financement et services : le cœur de la rentabilité
L’année a également été marquée par deux opérations clés sur les métiers les plus rentables du secteur. Stellantis a acquis 80 % d’AXA Crédit, créant ainsi sa captive financière afin de proposer une offre intégrée combinant véhicule, crédit et assurance. « C’était un trou dans la raquette, il est désormais comblé » , résume le dirigeant. En parallèle, le lancement de Distrigo, une plateforme nationale de pièces de rechange, vise à moderniser l’après-vente grâce à une logistique optimisée et plusieurs livraisons quotidiennes. Ces activités – financement, pièces et services – génèrent traditionnellement des marges plus élevées et des revenus récurrents, contribuant à stabiliser la performance du groupe au-delà des cycles de vente.
Plutôt que de miser exclusivement sur le 100 % électrique, Stellantis privilégie une approche graduelle combinant motorisations thermiques optimisées, hybrides et solutions électriques légères. Le Fiat Tris, produit localement et proposé à partir de 50 dirhams par jour, incarne cette stratégie tournée vers les usages professionnels de proximité et la réduction du coût total d’exploitation. Le groupe entend ainsi accompagner la transition énergétique sans rupture brutale pour les consommateurs.
2026 dans la continuité
Pour 2026, Stellantis Maroc entend capitaliser sur les bases posées. Le groupe prévoit d’élargir son offre produits avec de nouveaux lancements, d’accélérer la montée en cadence industrielle de Kénitra, de renforcer encore sa proximité commerciale sur le terrain et de développer ses capacités humaines locales. La micromobilité devrait gagner en importance, tout comme les services financiers et l’après-vente, appelés à jouer un rôle croissant dans la rentabilité. Cette feuille de route s’inscrit dans une logique de croissance durable : consolider l’écosystème existant plutôt que multiplier les expansions opportunistes.
Au final, le bilan 2025 dépasse le simple registre des performances commerciales. Stellantis Maroc apparaît engagé dans une mutation structurelle, visant à internaliser toute la chaîne automobile pour gagner en autonomie, en rentabilité et en ancrage local. Moins dépendant, plus intégré, plus industriel. « Si les choses avancent, c’est grâce aux équipes… On ne construit rien tout seul » . Une déclaration qui résume l’esprit d’une année que le dirigeant considère déjà comme l’une des plus marquantes de sa carrière.
Source de l’article : Challenge.ma



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