[Science] Au Maroc, des fossiles éclairent une période clé de notre évolution

[Science] Au Maroc, des fossiles éclairent une période clé de notre évolution

Mais quel âge ont-ils ? Le doute a longtemps subsisté. « Nous avons essayé plusieurs méthodes qui donnaient des résultats contradictoires » , raconte le chercheur. Jusqu’à la parution d’un article qu’il a cosigné début janvier dans la revue Nature. « Cette fois le doute n’est plus permis » , assure-t-il. Ils ont 773 000 ans.

Ancêtre de « Sapiens » Pour parvenir à cette conclusion, l’équipe a fait appel à des géophysiciens de l’Université de Milan (Italie), experts en paléomagnétisme. C’est-à-dire l’histoire de l’orientation du champ magnétique terrestre qui change parfois d’orientation et laisse des traces dans les sédiments. « Il faut des conditions particulières pour pouvoir utiliser cette méthode » , précise David Lefèvre. Notamment d’épaisses couches de sédiments qui couvrent de longues périodes pendant lesquelles ont eu lieu des inversions de polarité. « Ces conditions étaient réunies sur le site, ajoute le chercheur. Et la chance que nous avons eue est que les fossiles se situaient pile dans une couche qui a enregistré une inversion de polarité bien connue et bien datée. » L’inversion de « Matuyama-Brunhes » qui s’est produite il y a environ 773 000 ans.

Et cet âge est particulièrement intéressant. « Nous avons très peu de fossiles entre 500000 ans et 1million d’années en Afrique. Or c’est dans cet intervalle que les paléogénéticiens estiment que la divergence entre la lignée africaine d’Homo sapiens et les lignés eurasiatiques de Néandertal et de Denisova aurait pu avoir lieu » , indique David Lefèvre. Autrement dit, ces fossiles représentent une forme évoluée d’Homo erectus ancêtre de la lignée qui a conduit à Homo sapiens. « Ces résultats confortent l’hypothèse de l’origine africaine d’Homo sapiens » , conclut le chercheur. Et ajoutent une pièce au puzzle de l’évolution humaine que les paléoanthropologues cherchent à compléter pour retracer l’histoire jusqu’au plus ancien représentant connu d’Homo sapiens, vieux de 315 000 ans et découvert, lui aussi, au Maroc.

Source de l’article : www.lamarseillaise.fr

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