Un « fort » du Big Four

Un « fort » du Big Four

Meissa Tall fait partie des Sénégalais qui brillent à l’international. Ancien pensionnaire du lycée Blaise-Diagne et de l’École polytechnique de Thiès, l’originaire de Sakal est aujourd’hui associé et responsable de l’Afrique francophone chez Kpmg. Avant cette expérience, il a évolué à Deloitte, ce qui fait de lui un « fort » du Big Four, qui regroupe les quatre leaders mondiaux de l’audit, du conseil et de la stratégie.

Dans une salle bondée du Centre international de conférences Abdou-Diouf de Diamniadio, la voix de Meissa Tall résonne sous l’oreille attentive de plusieurs autorités, dont le Chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye. Participant au forum « Invest in Sénégal » , le 7 octobre 2025, il détaille et explique les besoins d’investissement du Sénégal, les yeux rivés sur son support. Ce travail scientifique est sans doute une manière de contribuer au développement d’un pays qui lui est cher.

Aujourd’hui, en tant qu’associé et responsable des activités de Kpmg pour l’Afrique francophone, il évolue au sein de cette firme qui fait partie du fameux Big Four du secteur de l’audit et du conseil-stratégie dans le monde, aux côtés de Deloitte, EY et PricewaterhouseCoopers (PwC).

Avant cette étape, Meissa Tall a fait ses humanités au Sénégal. Il a d’abord suivi son cycle moyen et secondaire au lycée Blaise-Diagne. Par la suite, il a fréquenté l’École polytechnique de Thiès, d’où il est sorti en 1990 en tant qu’ingénieur. « Je suis ingénieur mécanique de formation. J’ai donc été formé à l’École polytechnique de Thiès, au Sénégal » , dit-il fièrement d’une voix rauque.

Après ce parcours académique, il se retrouve à l’École centrale de Paris, avec des idées assez claires concernant son avenir professionnel. « Mon objectif était de me spécialiser davantage dans l’industrie, et surtout de faire de la conception dans le secteur de l’automobile » , souligne-t-il.

S’il a pris cette option, c’est parce qu’il voulait maîtriser une technologie et un secteur qui, à l’époque, n’étaient pas développés en Afrique. « Dans les années 1990, lorsque je suis sorti, il n’y avait pas d’industrie automobile de fabrication. On réparait, mais on ne fabriquait pas. Je voulais absolument comprendre comment on fabrique une voiture de A à Z. C’est ce qui m’a amené en France, afin de poursuivre mes études et d’obtenir un master dans une grande école française, en l’occurrence l’École centrale de Paris » , se rappelle-t-il. À sa sortie de cet établissement, il obtient son premier emploi chez Renault, où il apprend à concevoir des moteurs automobiles. « J’y ai également appris à comprendre comment se déroule la fabrication de voitures » , précise-t-il.

Après son expérience chez Renault, Meissa Tall rejoint le groupe américain Otis, spécialiste de la fabrication et de l’installation d’ascenseurs. « J’ai passé sept ans chez Otis, ce qui m’a permis de comprendre le fonctionnement d’une multinationale : comment on fabrique des ascenseurs, comment on les installe, comment on les distribue, et comment fonctionne le génie industriel à l’échelle mondiale » , renseigne le responsable de Kpmg.

Deloitte puis Kpmg

Après Otis, Meissa Tall, animé par une volonté de progresser davantage sur le plan professionnel, rejoint l’un des géants du conseil, Deloitte, en 1998. « Quand je suis arrivé, j’étais manager. J’ai intégré l’activité industrie et automobile. Quelques années plus tard, j’ai dirigé l’activité automobile chez Deloitte » , explique-t-il. Par la suite, il prend la direction de l’activité industrie de manière globale. À ce poste, l’ancien pensionnaire du lycée Blaise-Diagne de Dakar conseille des marques de renom telles que Mercedes, Bmw, Peugeot et Michelin. « Je les ai accompagnées en France, en Europe, ainsi qu’aux États-Unis, sur des projets complexes » , confie-t-il.

Il poursuit son ascension pour devenir, en 2009, associé chez Deloitte, en charge de l’activité Maghreb, notamment au Maroc, afin de développer le conseil. « J’ai créé la filiale dont j’étais le directeur général. Elle s’appelait Kurt Salmon, un spin-off (produit dérivé) de Deloitte. Cette expérience m’a permis d’accompagner le Maroc dans son développement, notamment à travers son plan d’émergence lancé par le Roi » , explique-t-il.

Il travaille également sur le projet Tanger Med et sur la préparation de l’industrie automobile marocaine, ainsi qu’avec de grandes entreprises comme l’Office chérifien des phosphates (Ocp) et l’Oncf. « Nous les avons accompagnées dans leur développement et leur structuration. Cette expérience marocaine m’a rapproché de l’Afrique et m’a surtout permis d’accompagner les États dans leur développement. J’ai ainsi poursuivi cette activité en intervenant dans des pays comme le Bénin, que j’ai accompagné en 2016 » , précise-t-il.

Faire briller le Sénégal

Après son expérience chez Deloitte, Meissa Tall rejoint, en 2019, l’autre géant du secteur de l’audit et du conseil-stratégie, Kpmg. Son objectif est alors de développer l’activité industrie en Europe. « L’automobile, l’industrie pharmaceutique et l’industrie en général : voilà ce que j’ai fait pendant quatre ans. J’ai monté cette activité à Paris. Depuis deux ans, j’ai pris la responsabilité de l’activité-conseil sur l’Afrique francophone chez Kpmg, qui est présente dans la plupart des pays du continent » , souligne-t-il.

Être Sénégalais et faire partie des « forts » du Big Four lui procure, aujourd’hui, une immense fierté. « Cela me rend très fier. Je dois beaucoup au Sénégal, où j’ai été formé, notamment à l’École polytechnique et au lycée Blaise-Diagne. Je suis fier de porter le drapeau sénégalais partout dans le monde. Cela démontre que le Sénégal est capable d’atteindre le même niveau de développement que des pays comme la France ou les États-Unis » , affirme-t-il.

Selon lui, occuper de tels postes signifie être en position de management et de décision à très haut niveau. « Cela prouve qu’un Sénégalais, qu’il soit de Dakar ou de Sakal, la localité d’origine de mon père, a les mêmes chances et les mêmes capacités qu’une personne née à Paris dans le 16e arrondissement. Il n’y a pas de barrière » , estime-t-il.

De nombreux Sénégalais, nés et formés au Sénégal, ont ainsi des parcours remarquables à travers le monde. « Avec des bases solides et les valeurs qui nous ont été inculquées, nous pouvons atteindre tous les sommets. Si nous nous en donnons les moyens, nous pouvons traiter tous les sujets » , conclut-il.

Dans sa riche carrière, l’ancien étudiant de l’Ept de Thiès reste marqué par son immersion dans le secteur industriel, qui lui a permis de faire d’importantes découvertes et de mieux saisir la nature du travail d’ingénierie. Aujourd’hui, son parcours se poursuit avec la même volonté de découvrir et de servir davantage.

Source de l’article : lesoleil.sn

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