décision judiciaire
La saga judiciaire de la Société anonyme marocaine de l’industrie du raffinage (Samir) se poursuit. Le tribunal commercial de Casablanca a décidé, ce jeudi, de prolonger de quatre mois supplémentaires la poursuite de l’activité de l’entreprise, dans le cadre du dossier nᵒ 19/8314/2026.
Bien que la raffinerie soit à l’arrêt depuis août 2015, la juridiction commerciale continue de renouveler l’autorisation de maintien de l’activité. Cette mesure vise essentiellement à préserver certains contrats en cours, notamment les contrats de travail, et à faciliter une éventuelle cession judiciaire des actifs de la société. Une démarche qui, selon plusieurs observateurs, permet d’éviter une liquidation définitive sans solution industrielle.
Le rôle déterminant de l’exécutif
Cependant, au-delà des décisions judiciaires, la question de la relance effective de la Samir demeure suspendue à l’intervention de l’exécutif. Dans le respect du principe de séparation, d’équilibre et de coopération entre les pouvoirs, le gouvernement est aujourd’hui interpellé pour lever les obstacles qui entravent le retour de la raffinerie à son activité normale.
Parmi les principaux freins figurent la procédure engagée contre l’État marocain devant le Centre international de règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), ainsi que l’absence d’un cadre incitatif clair pour attirer des investisseurs capables de relancer et moderniser l’outil industriel. L’enjeu dépasse le seul sort de l’entreprise.
Dans un contexte international marqué par la recrudescence des conflits armés, la volatilité des marchés énergétiques, les aléas climatiques et les difficultés logistiques liées au transport maritime en période de forte houle, la question de la sécurité énergétique du Maroc s’impose avec acuité. Pour de nombreux acteurs, trancher définitivement le dossier de la Samir relève désormais d’un impératif stratégique, dicté par les intérêts supérieurs du pays.
Nador West Med et le gaz naturel, des opportunités à saisir
La perspective du lancement du port Nador West Med et le renforcement annoncé de la souveraineté énergétique nationale redonnent une actualité particulière au dossier. À cela s’ajoute l’arrivée attendue du gaz naturel à Mohammedia, qui pourrait améliorer significativement la rentabilité du raffinage, stimuler le développement des industries pétrochimiques et contribuer à la baisse des coûts de l’énergie et des carburants au Maroc.
Pour Hussein El Yamani, secrétaire général du Syndicat national du pétrole et du gaz et président du Front national pour la sauvegarde de la raffinerie marocaine, la relance de la Samir n’est plus une option mais une nécessité. Une position qui relance le débat sur le rôle de l’État et sur l’urgence d’une décision politique à la hauteur des enjeux économiques, sociaux et énergétiques du pays.
Source de l’article : Lebrief



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