Crise diplomatique : l’Algérie s’en prend à l’ambassadeur de France après « Complément d’enquête »

Crise diplomatique : l’Algérie s’en prend à l’ambassadeur de France après « Complément d’enquête »

L’Algérie a réagi avec colère suite à la diffusion de l’émission Complément d’enquête sur la chaine française France 2 qui abordait la crise diplomatique entre Paris et Alger. L’ancien ambassadeur de France en Algérie a été déclaré comme « persona non grata » après ses déclarations lors de cette émission.

Selon la chaîne publique internationale algérienne, le gouvernement algérien a décidé de déclarer l’ambassadeur de France, Stéphane Romatet, persona non grata en Algérie. Il ne pourra plus y revenir.

La décision d’Alger traduit une colère fulminante d’Alger suite à des déclarations jugées comme « offensantes et provocatrices » concernant les relations entre les deux pays.

Le ministère algérien des Affaires étrangères s’en est personnellement pris au diplomate en exprimant son rejet catégorique de ce qu’il considère comme « l’implication de l’ambassadeur de France dans des actions qui contredisent clairement l’exercice de ses fonctions, telles que définies par les lois et consacrées dans les normes internationales » .

Cité par l’agence de presse Anadolu, un journaliste de la chaine algérienne a indiqué que « l’ambassadeur de France Stéphane Romatet est désormais indésirable en Algérie car ses actions ne respectent pas les normes diplomatiques en vigueur » .

La décision n’a pas encore été annoncée officiellement mais les médias du pays et le ton de la réaction algérienne, semblent l’indiquer. Cette réaction algérienne s’explique par des remarques et déclarations de Stéphane Romatet dans ce documentaire consacré notamment aux méthodes d’espionnage de l’Algérie et aussi l’appui de Paris à l’initiative marocaine d’autonomie pour le Sahara.

Les relations tendues entre la France et l’Algérie, toujours teintées de crises, ont atteint leur point culminant à la suite de la décision de Paris d’appuyer le Maroc en juillet 2024, après avoir observé un jeu d’équilibriste pour ne pas offenser l’Algérie qui soutient le séparatisme et finance le groupe séparatiste du polisario contre le Maroc dans le dessein de le déposséder de ses terres du sud.

Dans l’émission Complément d’enquête, Chams Eddine Hafiz, désigné comme recteur de la Mosquée de Paris depuis 2020, le franco-algérien avocat de profession, a raconté qu’une relation presque personnelle liait le président français Emmanuel Macron et son homologue algérien.

Il a soutenu que lorsque le président français a rejoint Abdelmadjid Tebboune, en marge du G7 organisé à Bari en Italie en juillet 2024, pour lui annoncer son intention de reconnaitre la souveraineté du Maroc sur le Sahara, le président algérien lui aurait dit que « si tu le fais, ce sera terminé entre nous » .

L’Algérie, qui avait auparavant fait pression de différentes manières, a décidé de retirer son ambassadeur de Paris, et le gouvernement français avait rappelé son ambassadeur d’Algérie en avril dernier, après l’expulsion de 12 membres du personnel consulaire français par l’Algérie.

La France avait auparavant arrêté un diplomate algérien accusé d’implication dans l’enlèvement du bloggeur algérien, exilé en France, Amir DZ, considéré comme la bête noire du régime algérien.

Suite à la diffusion du documentaire, le ministère algérien des Affaires étrangères a convoqué le chargé d’affaires français en signe de protestation. La diplomatie algérienne a qualifié le documentaire de « tissu de mensonges et de fabrications impliquant des insultes profondes et des provocations injustifiées » , estimant qu’il s’agit d’ « une véritable agression contre l’État algérien, ses institutions et ses symboles » .

Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc

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