« Our Stories, Our Power » : l’expo qui aide des filles à s’émanciper
L’exposition « Our Stories, Our Power » est le fruit des ateliers éducatifs (écriture, lecture, dessin…) et artistiques (cinéma, photographie, danse…) dont bénéficient les jeunes filles marginalisées du Centre Abdesslam Bennani.
Dans ce sens, l’association Lilipad œuvre depuis 2017 / 2018 à inciter les jeunes filles à se réconcilier avec la lecture et à favoriser leur inclusion. Cette initiative englobe même les jeunes filles analphabètes qui bénéficient de ces ateliers et accèdent à l’apprentissage grâce à l’accompagnement des éducatrices.
Pour ce faire, Lilipad dispose de plusieurs bibliothèques éducatives au Maroc, notamment au Centre de Sauvegarde de l’enfance Abdesslam Bennani, au Foyer féminin à Mohammedia et au Centre de l’enfance filles à Agadir.
Chaque histoire proposée lors de cette exposition a son rôle et offre un point de pouvoir et un point de faiblesse.
L’évènement « Our Stories, Our Power » a vu le jour grâce au travail mené par Lilipad depuis plusieurs mois avec des artistes marocains aux pratiques différentes (photographie, écriture, cinéma, etc.), autour du storytelling et de la narration de soi. Cette exposition permet aux jeunes filles d’avoir une forme d’expression à travers le médium que chacune choisit. « Our Stories, Our Power » est né de cette envie de faire un pas de plus : sortir ces créations de l’espace fermé du centre et les partager avec le public. Pas pour parler à leur place, mais au contraire pour déplacer le regard, rompre avec toute approche misérabiliste, et affirmer que ces jeunes filles peuvent raconter ce qu’elles veulent et à leur propre voix « , explique Sara Arsalane, fondatrice de Lilipad.
Raconter son histoire est considéré comme un acte de pouvoir parce qu’il permet tout d’abord à ces jeunes filles de dire » j’existe « . C’est essentiel afin de leur permettre de sortir du stéréotype défini par leur passé, par une situation administrative ou judiciaire.
Certaines vont choisir de raconter quelque chose de lumineux comme une amitié ou un souvenir heureux, tandis que d’autres aborderont des histoires plus difficiles. Dans tous les cas, c’est leur choix de s’affirmer. Les œuvres exposées témoignent de regards sensibles, engagés et profondément personnels.
Toutes les histoires sont importantes mais celles qui doivent être racontées plus que jamais sont celles qui permettent de briser la stigmatisation attachée aux filles issues des centres de protection (‘bnat lkhayriyat’ étant souvent utilisé de manière péjorative). Or, ces jeunes filles sont les citoyennes et les leaders de demain, donc pourquoi les mettre dans ces cases alors qu’il faudrait leur laisser l’espace pour se raconter autrement.
L’exposition avait pour but que les femmes la quittent en ayant un regard qui a évolué, avec une perspective plus ouverte, plus nuancée, et profondément optimiste. Ces jeunes filles sont des artistes avec un talent immense selon les artistes qui ont pu les accompagner au cours des différents ateliers.
Sara Arsalane déclare aux femmes qui doutent encore de leur pouvoir que juste le fait d’être femme demande déjà une force incroyable. » Votre histoire n’a pas besoin d’être extraordinaire ni parfaitement formulée pour avoir de la valeur. Elle vous appartient, et cela suffit. « , avance-t-elle.
De ce fait, » Our Stories, Our Power « adresse un message très important qu’il faudrait briser la stigmation attachée aux filles marginalisées et issues des centres de protection.
Cette exposition est née afin de permettre aux jeunes filles de faire un pas en avant, sortir leurs créations de l’espace fermé du centre et les partager avec le public. Pas pour parler à leur place, mais au contraire pour déplacer le regard, rompre avec toute approche misérabiliste, et affirmer que ces jeunes filles peuvent raconter ce qu’elles veulent et à leur propre voix.
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Source de l’article : femmesdumaroc.com



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