Il conduisait avec 1,65 g, sentait l’alcool et avait touché une voiture : acquitté !

Cela dit, Marcel, 72 ans, n’est pas coutumier du fait. Après 52 ans et 750 000 kilomètres parcourus, son casier n’a pas d’antécédentde roulage, aucun.

Elle refuse de porter le masque, se rebelle, insulte la police et veut faire condamner le policier: « Bande de fascistes! » Le septuagénaire n’en risquait pas moins entre 8 jours et 5 ans de déchéance.

Au tribunal, il faisait choix d’un avocat attentif à débusquer les failles dans les procédures.

Pour bien comprendre, il faut continuer l’histoire. Il est maintenant 19 h 30 et le voisin, qui l’observait à la fenêtre,vient sonner à sa porte. Il a vu Marcel manœuvrer et toucher son véhicule, un Dacia Duster. Il a vu les dégâts à la portièreet propose à Marcel d’établir un constat. Et comme Marcel refuse, le voisin appelle la police. Il est pile 20 h quand la patrouillearrive. Et 20 h 02, le temps d’écouter le voisin, quand les policiers sonnent chez Marcel. Marcel leur ouvre et d’emblée lespoliciers notent dans le PV, que « l’intéressé sent l’alcool à distance » .

À partir de là, tout est dûment constaté dans le procès-verbal. Le moteur de la VW Golf est encore chaud, c’est donc que Marcela effectivement pris le volant récemment. À 20 h 05, Marcel souffle dans le Dräger. L’éthylotest indique un résultat « positif » . À 20 h 11, l’analyse d’haleine précise le taux : 0,72 mg d’alcool par litre d’air alvéolaire expiré, ce qui correspond à 1,65 gpar litre de sang. Au policier qui lui demande s’il a consommé « des boissons alcoolisées ou toutes autres denrées alcoolisées » .

Jamila agressée par un vigile alors qu’elle fêtait son anniversaire: « Pour lui, les musulmanes n’ont rien à faire seules dehors le soir » Marcel répond « par la négation » (sic). « Pas d’alcool depuis qu’il a quitté le restaurant où il se trouvait dans l’heure de midi » .

Au vu du résultat, cependant, Marcel voit son permis retiré. Il est alors 20 h 14. Montre en main, tout a été réglé en 12minutes. Les policiers ont fait vite. Mais n’ont-ils rien oublié ?

C’est là que l’avocat, Me Christophe Redko, entre en scène.

Pour leur faciliter la tâche, les policiers disposent d’une check-list appelée « formulaire d’imprégnation alcoolique en matièrede circulation » qu’il suffit en quelque sorte de suivre méthodiquement, point par point. Au point 3, la check-list prévoitun test d’haleine. Au 4, c’est l’analyse d’haleine et au 5, la seconde analyse d’haleine.

Dès les points 3 et 4, les policiers ont obtenu ce qu’ils doivent savoir : l’éthylotest leur a appris que Marcel est « positif » et l’éthylomètre a indiqué le résultat de 0,72 mg d’alcool par litre d’air alvéolaire expiré. Et puis, que s’est-il passé ?Oubli par distraction ? Pressés d’en finir, les policiers ont-ils pensé : puisqu’on connaît le résultat, pourquoi un deuxièmetest ? Réponse : parce que c’est la procédure !

Il y a 34 ans, Mounir Iben Lakhal prenait perpète à Bruxelles: interviewé à Tanger, le « tueur des vieilles dames » gagne sa vie dans un call center!

En juillet, trois mois après le contrôle, Marcel était convoqué au commissariat. En audition, il concédait qu’après avoirquitté le restaurant à 14 ou 15 h, il était passé chez des amis qui avaient débouché une bouteille de rouge.

Lors du contrôle cependant, les policiers avaient négligé de lui proposer la seconde analyse d’haleine, celle prévue au point 5de la check-list.

Dans le jugement, le tribunal conclut à l’acquittement de celui qui avait conduit avec plus du triple de la limite légale.La sécurité routière n’y trouve pas son compte mais le retraité est acquitté malgré l’éthylotest, l’éthylomètre et les aveux !

Source de l’article : DHnet