Automobile : l’équipementier Lisi sacrifie son site historique au profit du Maroc
Le constat financier avancé par la direction est sans appel : le site perdait plusieurs millions d’euros par an depuis 2020. Face à un écart de prix de 25 % avec la concurrence en Turquie ou en Chine, l’usine n’est plus parvenue à décrocher de contrats pour les nouveaux modèles de Renault ou Mercedes. Pour maintenir ses marges sous la pression des constructeurs, Lisi mise désormais sur son pôle de Tanger pour assurer la production.
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Sur le piquet de grève, les ouvriers dénoncent une décision « sauvage » . Teddy Pezet, régleur depuis 21 ans, déplore auprès de France 3 des vies « balayées en une heure » . La pilule passe d’autant plus mal que le groupe affiche une santé insolente, avec un milliard d’euros de chiffre d’affaires et 9 % de bénéfices annuels. Pour les salariés, ce décalage entre les profits records et la suppression de leurs emplois est vécu comme un sacrifice injuste sur l’autel de la rentabilité.
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Cette fermeture s’inscrit dans une crise plus profonde de la filière automobile européenne, menacée par la perte de 350 000 emplois d’ici 2030. Alors que les négociations pour les indemnités de départ débuteront fin janvier, l’équipementier confirme sa stratégie : produire au sud de la Méditerranée ce que le bassin d’emploi français ne peut plus assumer économiquement.
Source de l’article : Bladi.net



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