Dix jours après sa victoire lors d’une finale de CAN chaotique, le Sénégal encourt des sanctions sévères en commission de discipline
L’heure des comptes. Repoussée de quelques jours à la demande de la Fédération sénégalaise soucieuse d’organiser au mieux sa défense, la commission de discipline de la Confédération africaine de football (CAF) examine ce mardi les graves troubles survenus à la fin de la dernière finale de la CAN, remportée le 18 janvier à Rabat par le Maroc (1-0) après prolongation face au Sénégal.
Cette audience s’annonce sous haute tension au vu du dossier particulièrement chargé pour les Sénégalais, qui ont quitté la pelouse après un penalty litigieux accordé dans les dernières secondes aux Marocains. Et plus particulièrement pour le sélectionneur des Lions de la Teranga Pape Thiaw, leader de la contestation, qui a appelé ses joueurs à rentrer au vestiaire.
La tension n’est pas retombée
Exposé en mondovision, le chaos a été total, avec un match interrompu pendant de très longues minutes, des bagarres dans les tribunes, des tentatives d’envahissement du terrain par les supporters sénégalais, des dégradations, des blessés, et une organisation marocaine plutôt défaillante. Depuis, la tension n’est pas vraiment retombée puisque le président de la Fédération sénégalaise, Abdoulaye Fall, s’est lâché, dimanche, estimant que « le Maroc tient la CAF, il faut le dire, ils tiennent tout en main et décident de tout » .
Président de la commission, le Sénégalais Ousmane Kane a été temporairement écarté pour l’examen de cette affaire en raison de l’implication directe de son pays. Elle sera jugée par des dirigeants venus d’Afrique du Sud, d’Égypte, du Tchad et du Niger. Le tout sur la base de trois rapports, celui de l’arbitre congolais Jean Jacques Ngambo Ndala (assez passif pendant les incidents), celui du délégué du match, et enfin celui des deux responsables de la sécurité.
Toujours très interventionniste en Afrique, la FIFA, par la voix de son président Gianni Infantino, présent à Rabat pour cette finale totalement folle, a donné le ton. « Nous condamnons fermement le comportement (…) de quelques joueurs sénégalais et des membres du staff technique, a prévenu l’Italo-Suisse. Il est inadmissible de quitter le terrain de cette manière, et la violence ne saurait être tolérée dans notre sport (…) Les équipes doivent jouer dans le respect des lois du jeu, car tout autre comportement met en péril l’essence même du football. Les scènes déplorables dont nous avons été témoins doivent être condamnées et ne jamais se reproduire. » . Avant d’appeler « les instances disciplinaires compétentes de la CAF à prendre les mesures appropriées » .
Des sanctions limitées au continent africain
L’éventail des sanctions, qui ne seront pas prises immédiatement, est large. Elles concerneront sans aucun doute Pape Thiaw, peut-être certains joueurs, même s’il semble difficile de faire le tri, et possiblement la sélection sénégalaise. Mais sa participation à la prochaine Coupe du monde ne peut normalement pas être remise en cause.
Les juristes de la FIFA estiment en effet que les sanctions ne peuvent être que continentales. Même si la CAF, dans l’hypothèse (peu probable) où elle voudrait aller aussi loin, peut demander à la Fédération internationale de les étendre ensuite au niveau mondial. Ce que cette dernière ne ferait pas.
Source de l’article : L'Équipe



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