Classements internationaux : Le Maroc progresse sur les indicateurs économiques, mais recule sur la corruption

Dans un environnement international marqué par la recrudescence des tensions géopolitiques et le durcissement des politiques protectionnistes, le Maroc parvient à améliorer, de manière relative mais significative, son positionnement dans plusieurs classements internationaux liés à la performance économique, financière et institutionnelle. Ces évolutions traduisent une dynamique contrastée : des avancées notables sur plusieurs fronts, mais aussi la persistance de fragilités structurelles, notamment en matière de gouvernance.

Selon le rapport d’activité de la Direction du Trésor et des Finances extérieures au titre de l’année 2024, le Royaume a enregistré une progression sensible dans plusieurs indicateurs de référence. L’un des signaux les plus marquants concerne l’indice de liberté économique publié par l’Institut Fraser, dans lequel le Maroc a gagné sept places pour se hisser au 90ᵉ rang sur un total de 165 pays. Cette évolution intervient dans un contexte mondial peu favorable, caractérisé par la montée des pratiques protectionnistes et le repli de certains échanges internationaux.

Sur le terrain du développement durable, le Maroc se classe au 69ᵉ rang mondial, avec un taux de réalisation des Objectifs de développement durable évalué à 70,9 %. Ce positionnement reflète une amélioration après un net recul observé entre 2020 et 2022, période durant laquelle le Royaume avait perdu près de vingt places — passant de la 69ᵉ à la 84ᵉ position sur 167 pays — sous l’impact direct de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19.

La modernisation progressive des infrastructures financières constitue un autre levier de cette amélioration relative. Le Maroc figure désormais parmi les dix pays africains les mieux classés dans l’ « Africa Financial Markets Index » , confirmant l’attractivité de son système financier à l’échelle continentale. Cette dynamique est également illustrée par la consolidation de la place du pôle financier de Casablanca, qui conserve son statut de premier centre financier en Afrique et se classe au quatrième rang dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.

Les progrès enregistrés dans les domaines de la transition numérique et de l’innovation s’inscrivent dans la même logique. Le Royaume a gagné onze places dans l’indice des Nations unies relatif au développement de l’administration électronique, se positionnant désormais au 90ᵉ rang sur 193 pays. Parallèlement, il a progressé de quatre places dans l’Indice mondial de l’innovation publié par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, atteignant la 66ᵉ position sur 133 économies évaluées.

En matière de climat des affaires, le Maroc se distingue également dans la première édition du rapport annuel « Business Ready » de la Banque mondiale, qui a remplacé le rapport « Doing Business » . Le Royaume y enregistre la deuxième meilleure performance parmi les 50 économies étudiées et se classe dans le trio de tête en Afrique, derrière l’île Maurice et le Rwanda. Cette reconnaissance contribue à renforcer l’image du pays comme destination attractive pour les investissements.

Des avancées sont également observées dans la lutte contre le blanchiment de capitaux. Le Maroc a ainsi amélioré son classement dans l’indice des risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme, gagnant huit places pour se situer au 95ᵉ rang sur 141 pays.

Ces résultats contrastent toutefois avec la situation en matière de lutte contre la corruption. Selon l’Indice international de perception de la corruption, le Maroc poursuit son recul pour la sixième année consécutive, se classant à la 87ᵉ position. Un signal qui souligne les limites persistantes des réformes engagées et rappelle que les progrès observés dans les classements économiques et financiers ne suffisent pas, à eux seuls, à corriger les déficits de gouvernance.

Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc