Porto, Fès, Londres : ces trois lignes qui vont fermer à l’aéroport de Clermont-Ferrand

Dimanche 25 janvier, la direction de l’aéroport de Clermont-Ferrand a annoncé que Ryanair cessera ses vols à partir du 27 mars. Trois lignes vers Porto, Fès et Londres vont donc fermer. Un coup dur pour l’aéroport de Clermont-Ferrand.

Dimanche 25 janvier, la direction de l’aéroport de Clermont-Ferrand a indiqué : « Ryanair a fait le choix de cesser ses opérations à l’aéroport de Clermont-Ferrand à compter du 27 mars 2026, et ce malgré de bons taux de remplissage sur les lignes exploitées » . La compagnie low-cost irlandaise se désengage et sa décision de quitter Clermont-Ferrand n’est pas un cas isolé. Brice Hortefeux, président (LR) du Syndicat mixte de l’aéroport, explique : « Cette décision est la conséquence de l’avalanche d’impôts et de taxes de notre pays. La compagnie a quitté d’autres villes comme Brive ou Carcassonne l’été dernier » . Cette décision de la compagnie irlandaise condamne trois lignes au départ de Clermont-Ferrand, vers Porto, Fès et Londres. Brice Hortefeux insiste : « Ce retrait n’est pas lié à l’aéroport de Clermont-Ferrand. C’est lié à la politique nationale de la compagnie face à la taxation du transport aérien » .

Un argument financier balayé par la CGT

Du côté des représentants du personnel, l’incompréhension domine face à cet argument fiscal. Arnaud Boucheix, secrétaire général du syndicat d’entreprise et délégué CGT, rappelle que les lignes supprimées vers Porto, Londres et Fès affichaient des taux de remplissage « exceptionnels, avoisinant les 95 % à 98 % » . Selon lui, l’argument des taxes est une « foutaise » . Il explique que Ryanair continue de s’installer sur d’autres aéroports français, comme celui de Tours, tout en demandant des subventions pour compenser les taxes aéroportuaires. Selon lui, il s’agit d’un « bras de fer » avec le gouvernement où les usagers sont les premiers pénalisés par la répercussion des coûts sur le prix des billets.

Selon Arnaud Boucheix, ce désengagement de Ryanair va faire baisser de 25% le trafic de l’aéroport clermontois. Cette situation fait peser d’après lui une menace directe sur les 75 emplois restants de l’infrastructure, avec de nombreux contrats à temps partiel. Le syndicaliste s’inquiète de la réaction de Vinci, l’exploitant. « Ils adaptent les effectifs en fonction des avions » , déplore-t-il. Il craint un troisième plan de réduction d’effectifs après ceux de 2010 et 2022. Il rappelle que l’aéroport comptait 185 salariés dans les années 2000.

Des négociations en cours

Malgré ce coup dur, le président du syndicat mixte se veut « volontairement optimiste » . Brice Hortefeux affirme que « des discussions sont engagées avec de nouveaux partenaires » . Il incite les Auvergnats à soutenir leur aéroport : « Que tous ceux qui s’inquiètent pour l’aéroport n’hésitent pas à prendre l’avion. Cela aidera l’aéroport » . La direction de l’aéroport confirme ces discussions : « Les équipes de l’aéroport continuent à travailler activement au développement de liaisons directes à partir de Clermont-Ferrand, et notamment au remplacement des destinations fermées par Ryanair grâce à d’autres compagnies » .

Parmi les repreneurs potentiels, d’après la CGT, Volotea aurait déjà manifesté son intérêt. Arnaud Boucheix se veut prudent : « Une reprise immédiate pour la saison 2026 semble techniquement difficile en raison de la planification déjà établie des flottes et des équipages. Un retour à la normale sur ces lignes très demandées, notamment vers Porto, pourrait ne pas se concrétiser avant 2027 » .

La direction de l’aéroport minimise le départ de Ryanair et rappelle que la structure est desservie par d’autres compagnies aériennes, qui continuent d’opérer des lignes régulières vers Alger, Ajaccio et Paris Charles-de-Gaulle.

Source de l’article : France 3 Régions