« Je pense que nous n’avons jamais eu une meilleure équipe » : Philippe Sands, premier défenseur des Gunners

Invité début décembre à la Maison de l’Amérique latine, à Paris, pour présenter 38, rue de Londres (Albin Michel), son livre-enquête sur la dictature chilienne d’Augusto Pinochet, l’avocat franco-britannique Philippe Sands avait glissé au milieu de son intervention une drôle d’allusion à Arsenal, témoignage de sa flamme pour le club londonien.

Une obsession « convenable » , a-t-il précisé un mois plus tard lors d’un échange qu’il ne s’était pas fait prier pour arranger, malgré un emploi du temps où l’écriture de livres fleuves le dispute à l’enseignement du droit et à la préparation de procès pour génocide ou crimes de guerre.

Maroc-Sénégal en finale de la CAN : quand le football français sert de tremplin aux joueurs sénégalais « Vous avez lu le Guardian ce matin ? » a aussitôt demandé l’homme de loi de 65 ans. Le compte rendu pessimiste du match de la veille, un 0-0 décevant contre Liverpool, avait rallumé le doute au cœur d’une saison parfaite jusque-là. En janvier, les Gunners ont encore renforcé leur position en tête de la Premier League et de la Ligue des champions (sept victoires sur sept). « Pourtant, on se prépare psychologiquement à tout perdre » , assure ce membre éminent de la communauté du nord de Londres, où il côtoie l’écrivain Nick Hornby, auteur de Carton jaune (1992), le roman qui a ausculté avec la plus grande justesse les sentiments des supporters de football.

Dentiste, garagiste, conseil

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Entre le lauréat du prix spécial du jury du livre européen en 2018 pour Retour à Lemberg et les Londoniens, c’est « un mariage de plus de cinquante ans avec des hauts et des bas » . Une union célébrée en 1971. En témoigne ce programme de la finale de la FA Cup remportée cette année-là contre Liverpool qu’il brandit avec fierté, tel un trophée. C’est que son père a été le dentiste du buteur décisif, Charlie George. Devenu ensuite garagiste, ce dernier a pris soin de l’auto de Philippe Sands ; lui-même a fourni quelques conseils juridiques à son héros. Une légende qui, à 75 ans, fait encore visiter l’Emirates Stadium aux fétichistes prêts à débourser 70 livres sterling. Chaque année, un dîner entre amis honore celui qui porta le maillot rouge et blanc de 1966 à 1975.

Source de l’article : La Tribune