Sanctions de la CAF : l’Algérie conteste et engage une bataille juridique.

L’après-CAN 2025 continue d’alimenter les tensions sur le continent africain. Parmi les fédérations sanctionnées, la Fédération algérienne de football (FAF) se retrouve au cœur d’un bras de fer avec la Confédération africaine de football (CAF) après les incidents survenus lors du quart de finale Algérie – Nigeria à Marrakech.

La décision disciplinaire, jugée sévère par Alger, a déclenché une riposte juridico-sportive qui va désormais suivre un cadre très précis défini par les règlements de la CAF et, indirectement, de la FIFA.

La commission disciplinaire de la CAF a infligé à la FAF une amende de 100 000 dollars pour des manquements liés aux comportements de joueurs, d’officiels et de certains supporters, ainsi que pour des problèmes d’organisation et de sécurité constatés après la rencontre. Sur le plan sportif, deux joueurs ont été suspendus : le gardien Luca Zidane pour deux matchs, et le défenseur Rafik Belghali pour quatre rencontres, dont deux avec sursis. Ces suspensions s’appliqueront lors des prochaines échéances officielles de l’équipe nationale.

Considérant ces sanctions comme excessives, la FAF a annoncé son intention de les contester. Cette démarche ouvre une procédure codifiée, encadrée par les textes disciplinaires de la CAF. Selon ces règles, la fédération dispose d’un délai précis pour déposer un recours auprès de la Commission d’appel de la CAF. Ce recours doit être dûment motivé, accompagné de preuves, d’arguments réglementaires et, le cas échéant, de témoignages ou d’éléments vidéo.

Une fois le dossier déposé, la Commission d’appel examine le recours sans intervention politique. Elle peut confirmer la sanction, l’alléger, l’annuler totalement ou, dans certains cas, la modifier. Si la FAF estime que la décision de la Commission d’appel demeure injuste ou entachée d’erreurs, elle peut saisir une instance supérieure : le Tribunal arbitral du sport (TAS), basé à Lausanne.

Contrairement à certaines rumeurs circulant ces derniers jours, aucune disposition réglementaire ne prévoit l’exclusion de l’Algérie de la Coupe du monde 2026 en cas de non-paiement immédiat de l’amende. La CAF peut imposer des pénalités supplémentaires, voire suspendre temporairement une fédération de certaines compétitions continentales, mais une exclusion d’un Mondial relève exclusivement de la FIFA et ne peut être envisagée qu’en cas de violations graves et répétées des règles, ce qui n’est pas le cas ici.

Le bras de fer engagé par la FAF s’inscrit donc dans une démarche classique de contestation. Les règles de la CAF offrent un cadre clair, mais elles exigent des preuves solides et des arguments cohérents pour espérer un allègement ou une annulation. Les prochaines semaines seront déterminantes : soit la fédération algérienne obtient une réduction des sanctions, soit elle se retrouve dans l’obligation de s’y conformer pleinement, faute de quoi les sanctions pourraient être aggravées sur le plan financier et administratif.

Cette séquence illustre le climat électrique de l’après-CAN 2025, où plusieurs fédérations contestent des décisions disciplinaires, tandis que la CAF tente d’imposer son autorité pour affirmer un cadre strict et crédible. Et si la FAF espère transformer ce dossier en victoire juridique, la procédure, elle, avancera selon un calendrier et des règles qui ne laissent aucune place à l’improvisation.

Source de l’article : Lions de l’Atlas