un chicken game entre coréens ?

Trois grands groupes coréens de la construction navale seraient engagés, chacun séparément, dans la course à l’exploitation du chantier naval de Casablanca. Selon la presse économique coréenne, cette configuration alimente en Corée la crainte d’un « chicken game » entre les géants navals nationaux.

Les trois grands constructeurs navals coréens HD Hyundai Heavy Industries, Hanwha Ocean et Samsung Heavy Industries devraient tous trois participer à l’appel d’offres lancé par l’Autorité nationale des ports (ANP) pour la concession d’exploitation du chantier naval de Casablanca pour une durée de trente ans. Particularité relevée par le média économique coréen Hansbiz : les groupes ne se présenteraient pas sous forme de consortium, mais en candidats distincts, ouvrant la voie à une rivalité directe entre acteurs d’un même pays.

Le chantier comprend notamment un grand bassin de radoub de 244 mètres sur 40 mètres, une plateforme de levage de 9 000 tonnes, des grues de forte capacité et près de 820 mètres de quais d’armement. L’investissement total est estimé à 300 millions de dollars et l’appel d’offres est réservé à des entreprises disposant d’au moins dix ans d’expérience dans l’exploitation de chantiers navals.

D’après Hansbiz, HD Hyundai Heavy Industries a été le premier groupe coréen à se positionner, dès le deuxième trimestre, en partenariat avec la société marocaine Somagec, spécialisée dans les grands projets portuaires et d’ingénierie. Par la suite, Hanwha Ocean et Samsung Heavy Industries ont également manifesté leur intention de participer, même si ces deux groupes ont officiellement démenti toute implication directe, invoquant la sensibilité d’un processus encore en cours.

C’est précisément cette multiplication des candidatures coréennes qui suscite des inquiétudes dans le secteur. Le média évoque à plusieurs reprises le risque d’un « chicken game » , expression utilisée en Corée pour désigner une guerre des prix et des conditions contractuelles entre acteurs nationaux, susceptible de déboucher sur des marges négatives et, à terme, sur des restructurations.

Un ancien responsablecité par Hansbiz souligne que le chantier de Casablanca ne constitue pas un simple contrat commercial, mais un projet stratégique de long terme impliquant investissements lourds, transfert de technologies et formation de main-d’œuvre locale. Dans ce contexte, une concurrence excessive entre groupes coréens pourrait fragiliser non seulement les entreprises concernées, mais aussi l’ensemble de la filière, y compris les sous-traitants et les travailleurs.

L’article rappelle enfin que le Maroc entend faire du site de Casablanca un hub naval majeur sur la façade atlantique, capable d’assurer la maintenance de navires civils et militaires, et que l’attractivité du projet explique la présence de sept candidats internationaux. L’appel d’offres, lancé au printemps et déjà reporté à plusieurs reprises, reste en cours d’examen, sans qu’un calendrier définitif d’attribution n’ait encore été annoncé, souligne Hansbiz.

Outre les constructeurs navals coréens, ce marché attire également des concurrents européens. Les Bulgares de MTG Dolphin et les Italiens de Palumbo ont tous deux officiellement annoncé leur participation.

Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc