Business Ready 2025 : le Maroc mieux armé que ses voisins

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Une comparaison avec des pays comme la Tunisie, la Jordanie ou Bahreïn met en lumière les forces marocaines, mais aussi les limites d’un modèle encore freiné par les frictions de l’exécution.

Sur le plan du cadre réglementaire, le Maroc confirme son avance relative. Avec un score de 70,06, il se situe nettement au-dessus de la moyenne mondiale et se positionne parmi les économies les mieux notées de la région MENA couvertes par Business Ready 2025. Ce résultat reflète un arsenal juridique globalement aligné sur les standards internationaux, couvrant l’enregistrement des entreprises, la concurrence, la protection des droits de propriété, le droit du travail ou encore le règlement des litiges commerciaux.

La comparaison régionale est favorable. La Tunisie affiche un score sensiblement inférieur, à 62,56, traduisant un cadre réglementaire jugé moins abouti. La Jordanie, avec 67,90, se rapproche davantage du niveau marocain, sans toutefois le dépasser. Dans ce paysage, le Maroc se rapproche de pays comme Bahreïn, référence régionale en matière de réformes pro-business, même s’il reste encore à distance des économies de l’OCDE, dont les scores dépassent fréquemment les 75, voire 80 points.

Des services publics mieux structurés que chez les voisins

Le contraste devient encore plus marqué lorsqu’il s’agit des services publics dédiés aux entreprises. Cet indicateur, qui évalue la qualité des portails numériques, des systèmes fiscaux dématérialisés, des guichets uniques ou encore des infrastructures aux frontières, place le Maroc dans une position très compétitive.

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Avec un score de 64,55, le Royaume dépasse de plus de dix points la moyenne mondiale. Pour les investisseurs et les entrepreneurs, cela signifie que l’administration marocaine a engagé des efforts tangibles pour rendre les interactions avec le secteur public plus fluides et plus lisibles.

Là encore, la comparaison régionale joue en faveur du Maroc. La Jordanie atteint 57,97, tandis que la Tunisie accuse un retard significatif avec un score de 43,02. À l’échelle de la région MENA incluse dans l’édition 2025, le Maroc figure ainsi parmi les pays où l’offre de services publics aux entreprises apparaît la plus structurée et la plus accessible.

C’est sur le terrain de l’efficacité opérationnelle que le diagnostic se complexifie. Cet indicateur clé mesure la réalité vécue par les entreprises : délais de raccordement aux réseaux, coûts de conformité, simplicité effective des démarches, fluidité des paiements ou fiabilité des plateformes administratives.

Sur ce volet, le Maroc obtient un score de 55,71, inférieur à la moyenne mondiale établie à 60,03. Ce résultat met en évidence un paradoxe : malgré des règles bien conçues et des services publics relativement développés, l’expérience quotidienne des entreprises reste marquée par des frictions persistantes.

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Dans la comparaison régionale, le Royaume fait mieux que la Tunisie, qui affiche 52,46 points, mais demeure en retrait par rapport à la Jordanie (59,17). L’écart est encore plus net avec Bahreïn, dont le score dépasse les 70 points, illustrant une chaîne d’exécution nettement plus fluide.

Un « efficiency gap » qui pèse sur la compétitivité

Le principal enseignement de cette comparaison internationale tient à l’existence d’un écart structurel entre la norme et la pratique. Le Maroc a indéniablement modernisé ses textes et investi dans des dispositifs publics en appui aux entreprises. Toutefois, la mise en œuvre effective de ces réformes reste incomplète, limitant leur impact économique.

Ce « efficiency gap » se traduit concrètement par des délais administratifs encore longs, des interprétations variables des règles et une application parfois inégale selon les territoires ou les administrations concernées. À l’inverse, les pays les mieux classés sur l’efficacité opérationnelle sont ceux où la cohérence entre réglementation, services publics et exécution est la plus aboutie.

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Au final, Business Ready 2025 place le Maroc dans une position intermédiaire mais stratégique. Plus avancé que plusieurs de ses voisins maghrébins et proche du peloton de tête régional sur le plan réglementaire et institutionnel, le Royaume reste néanmoins distancé par les économies les plus performantes en matière d’exécution.

Pour franchir un nouveau palier et rivaliser avec les meilleures pratiques internationales, l’enjeu n’est plus seulement de réformer les textes, mais de rendre l’action administrative plus rapide, plus prévisible et plus homogène. C’est à ce prix que le Maroc pourra pleinement convertir ses atouts réglementaires en gains durables de compétitivité et d’attractivité.

Source de l’article : Challenge.ma

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