Auxerre-PSG : les notes du match

C’est déjà reparti pour la Ligue 1. Après une semaine de Ligue des Champions marquée par sa surprenante défaite au Sporting CP (2-1), le PSG se rendait à Auxerre ce soir pour lancer cette 19e journée. Ce déplacement s’annonçait un peu piégeux dans un Abbé-Deschamps acquis à la cause des visiteurs. Luis Enrique devait constituer son équipe avec 7 absents (Hakimi, Nuno Mendes, Ndjantou, Lee, Neves, Safonov), l’obligeant à présenter un onze inédit avec notamment une défense composée de Zaïre-Emery, Zabarnyi, Beraldo et Hernandez pour protéger un Lucas Chevalier à nouveau critiqué, et laissait Doué et Dembélé sur le banc au coup d’envoi.

Il s’agit de manier les corps avec soins dans ces soirées d’hiver mais aussi de redonner confiance à certains comme Barcola, titulaire avec Kvara et Ramos devant. Le dernier geste a péché au Portugal et ce fut la même chose ce soir en Bourgogne. Dès les trois premières minutes, Donovan Léon s’interposait deux fois face à Barcola (2e, 3e). Kvaratskhelia s’essayait à son tour et réalisait un numéro dans les 30 derniers mètres, seulement frustré par le retour in extremis de Diomandé alors que le but venait de s’ouvrir (9e). Le club de la capitale dominait ce début de rencontre mais gâchait déjà des munitions pour prendre les devants au tableau d’affichage.

Récompensé, Barcola a mis le temps

La faute à Léon, décidément très en forme lorsqu’il affronte le PSG. Le gardien était encore à la parade sur cette tête de Ramos (30e), puis réalisait une double parade sur ce cafouillage où Kvara et Mbaye échouaient à leur tour (37e). À lui seul, il maintenait l’AJA dans le match, qui tentait par bribe de réagir, à l’image de cette accélération de Sinayoko, prolongé avant le coup d’envoi, conclue par un tir du gauche de Danois (25e), ou, plus tard, devant un public de plus en plus déterminé à réaliser l’exploit, cette tentative du Malien (56e). Car la rencontre avançait sans que le champion d’Europe ne parvienne à débloquer la situation.

Et quand Léon ne réalisait pas d’exploit, c’est que Barcola manquait le cadre (51e, 63e). Les entrées de Dembélé et Doué à l’heure de jeu (contre Ramos et Mbaye) redynamisaient l’attaque parisienne, sans toutefois immédiatement corriger les problèmes de finition. Sur un nouveau déboulé de Barcola côté gauche, Doué ratait complètement son contrôle, gâchant une énorme occasion (76e). La suivante fut la bonne avec cette fois Dembélé qui profitait d’un contre pour lancer Barcola dans la profondeur, enfin vainqueur de son duel avec Léon (0-1, 80e). Mené et alors qu’il est 17e au classement, Auxerre devait se livrer sans que cela ne change la donne de ce match intense où le PSG, vainqueur sur la plus petite des marges, reprend la tête du championnat, deux points devant Lens.

– l’homme du match : Barcola (7,5) : sur le front de l’attaque, l’international français a encore été très actif. Et il a fait un match qui le caractérise clairement depuis quelques semaines. S’il ne se cache pas, il a un mal fou à se montrer précis dans le dernier geste, manquant à chaque fois de précision au moment où son équipe a besoin de lui pour débloquer la situation. Il a heureusement pu trouver la faille sur un bon service de Dembélé après deux duels manqués face à Léon. Mais là encore, il n’était pas passé loin d’un contrôle trop long (79e). Qu’importe, il a su ne pas douter et ce but lui fera du bien.

– Léon (6,5) : le portier expérimenté s’est montré déterminant et responsable d’entrée face aux assauts parisiens. En un contre un, ou encore avec des prises de balles au sol, face à Bradley Barcola (2e) et Khvicha Kvaratskhelia (3e). Peu inquiété par la suite, il a cependant dû effectuer un arrêt déterminant sur sa ligne, après une tête puissante de Gonçalo Ramos sur corner (30e) puis devant Mbaye (38e). En confiance, aidé par une défense à cinq devant ses cages, il a rassuré sur les tentatives incessantes des joueurs de la capitale. Quelques minutes avant le retour aux vestiaires, il s’est d’ailleurs montré infranchissable à deux reprises. Les minutes ont défilé, et le rempart pensait certainement n’avoir plus rien à faire. Mais il a craqué tard dans la partie, à la suite d’un lob de Bradley Barcola, pourtant contré à la base (79e).

– Senaya (5) : placé au cœur d’une défense centrale très concentrée en première période, l’arrière qui était blessé au mois de décembre est resté solide sur ses appuis, prêt à intervenir à n’importe quel moment. Dans son antre, rien ne l’a inquiété, et cela s’est notamment démontré lorsque son regard a déstabilisé les ailiers parisiens pendant les quarante-cinq premières minutes. Le PSG est resté longuement en manque de réussite, et sa présence en est peut-être une jolie cause malgré le seul but de la rencontre.

– Diomandé (5) : le défenseur central ivoirien a montré les griffes en première période. Il a sauvé les siens avec un tacle parfaitement maîtrisé pour contrer un tir parisien. Celui-ci aurait pu finir dans les filets auxerrois tôt dans la rencontre (7e). Le danger n’a ensuite pas existé dans sa zone, écartant la peur qui pouvait peser dans les têtes auxerroises avant le début de la rencontre. Il a d’ailleurs maîtrisé les ballons fuyants envoyés dans sa surface, avec une concentration digne d’un gros calibre (57e). Alors qu’il restait un quart d’heure de jeu, le joueur a réussi à bloquer un centre de Bradley Barcola après une contre-attaque, qui avait surpris toute sa défense. Sur le but du PSG, il est resté trop haut pour pouvoir intervenir. Remplacé par Elisha Owusu (85e) qui n’a pas démontré une réelle envie.

– Akpa (5) : assurer la sécurité et calmer ses adversaires avec une telle prestance, c’était plutôt agréable face au PSG. Dans une défense à cinq, mais régulièrement à trois lors des transitions, il est resté en retrait tout en couvrant le couloir droit de Mensah. Si Ousmane Dembélé a amené du doute en seconde mi-temps, rien n’a échappé au solide ivoirien qui s’est interposé comme un vrai soldat prêt à sortir le bouclier (77e).

– Sy (4) : avec un positionnement très haut dans son couloir droit, le latéral n’a pas hésité à prendre ses responsabilités lorsque les Parisiens n’effectuaient pas leur pressing habituel (11e). Titularisé pour la septième fois consécutive en Ligue 1, il a su faire preuve de professionnalisme durant chaque temps fort parisien. Pourtant confronté à Bradley Barcola dans sa zone, il a toujours couvert, et rien n’a semblé facile pour l’attaquant tricolore (43e). Il a ensuite continué ses tâches dans un confort optimal après l’heure de jeu. Or, sur le corner précédent le but parisien, il a laissé un immense vide derrière. Un manque d’attention qui ne pardonne pas surtout après plusieurs offensives parisiennes sur son côté. Remplacé par Romain Faivre (85e).

– El Azzouzi (4) : très peu en vue lors de sa première période, il a cependant freiné les passes parisiennes dans l’intervalle avec un premier rideau plutôt bien géré. Sans ballons, il a proposé à plusieurs reprises, malgré des courses effectuées dans le vide. Ce qui a permis de montrer à son coach une envie permanente d’aider les siens. Étourdi par les mouvements d’Ousmane Dembélé après son entrée, il a continué de faire des pas sans pouvoir récupérer de ballons.

– Ahamada (4) : arrivé il y a peu dans les rangs de l’AJA, le nouveau milieu de terrain de Christophe Pélissier est resté dans l’ombre. Avec un taux de ballons à exploiter très faible, mais surtout une présence nettement moins visible que ses partenaires lors des phases défensives, il ne s’est pas imposé entre Vitinha et Senny Mayulu. Sa bonne volonté dans le onze n’a malheureusement pas assez pesé, et a donc permis au coach auxerrois de faire un premier changement au retour des vestiaires. Remplacé par Rudy Matondo (46e, 5) qui a apporté sa fraîcheur dans les offensives de son équipe. À 17 ans, il a été l’auteur d’une prestation convenable avec un apport de frisson (82e), mais pas assez décisif.

– Danois (5) : le milieu de terrain n’a pas regardé à qui il avait affaire ce soir. Il a tout simplement agi, et de bonne manière, dans l’entrejeu, avec des récupérations effectuées sereinement (19e, 21e). Sa posture dans les duels lui a permis de jouer les coups intelligemment, sans faire de fautes. Auteur de passes précises dans l’intervalle, il a notamment failli délivrer l’avant-dernière passe décisive sur une contre-attaque parfaitement menée (22e). Que ce soit avec des tacles ou des coups de coude, il a montré que l’AJA avait un réel potentiel dans le cœur du jeu grâce à lui. Remplacé par Lasso Coulibaly (90+1).

– Mensah (3) : le Ghanéen, positionné dans le couloir gauche, n’a pas vécu une première période intense étant donné que la plupart des offensives parisiennes se sont déroulées de l’autre côté du terrain. Face à un Ibrahim Mbaye peu agressif et un Khvicha Kvaratskhelia qui alternait ses mouvements, il a plutôt ralenti le jeu parisien, mais n’y a pas contribué. Même chose durant les longues minutes qu’il a vécues en seconde mi-temps. Une rencontre qui s’est donc résumée à un ennui permanent, et quelques fautes peu agressives, effectuées dans l’ombre pour le joueur.

– Sinayoko (4,5) : l’homme fort de cet effectif auxerrois est resté très discret aux côtés de son partenaire d’attaque. Avec son fameux numéro dix dans le dos, il s’est surtout replacé dans un milieu à quatre dans un rôle plus défensif. Les seuls ballons dangereux qu’il a reçus ont régulièrement été joués dos au but, sans qu’il crée d’impact dans les derniers mètres parisiens. Cependant, après la pause, tout a changé. À la suite d’un appui-remise avec Rudy Matondo, celui-ci a enchaîné une frappe puissante aux abords de la surface, notifiant une frayeur côté PSG. Malgré son statut, il n’a pas été l’homme le plus convaincant dans ce onze.

– Namaso (6) : le buteur qui n’avait plus marqué depuis la 8e journée de championnat a préféré décrocher bas, afin d’aller chercher des ballons avec de la personnalité. Présent sur les retours défensifs, mais également avec une volonté d’aller vers l’avant, celui-ci s’est constamment imposé dans chaque zone du rectangle vert. Avant la demi-heure de jeu, il a même été le poison de la défense parisienne, toujours en mouvement sur les ailes et dans la surface de Lucas Chevalier. Après la pause, le Camerounais a de nouveau prouvé qu’il voulait accélérer la cadence, dans des duels plutôt rudes (51e, 52e). Provocateur, insistant, il n’a fait qu’embêter les centraux de la capitale. Remplacé par Sekou Mara (90+1) qui n’a pas eu le temps de se montrer.

PSG

– Chevalier (5,5): le portier français, très décrié depuis sa nouvelle prestation en Ligue des champions face au Sporting, était attendu ce soir. Très peu sollicité, il a fait le job et a eu le mérite de rester vigilant pendant toute la rencontre, même si les attaquants auxerrois ont manqué de précision dans le dernier geste (1 seul tir cadré).

– Beraldo (5): dans la charnière centrale, le Brésilien a été sollicité dans cette rencontre. Dans le duel avec Sinayoko, il s’est un peu fait bouger et avoir, notamment dans le jeu dos au but. Mais sa vitesse et son positionnement lui permettent de rattraper les situations par moments. Utile dans les relances, il a fait du bien lorsqu’il était inspiré à la passe pour casser le bloc auxerrois.

– Zabarnyi (4,5) : le défenseur ukrainien continue de ne pas vraiment rassurer en défense. Il a démarré sa rencontre par un duel aérien mal négocié (1re) et a ensuite été très imprécis dans les relances. Il a manqué plusieurs décalages avec des passes imprécises et dans le mauvais tempo. Parfois bougé dans le duel, il a semblé peu en confiance.

– Hernandez (5) : le latéral gauche parisien a failli mettre son équipe en danger avec une relance très hasardeuse qui aurait pu faire mal à son équipe. Pour le reste, il a été appliqué et son pied gauche lui permet de ne pas trop souffrir lors des relances parisiennes et dans les circuits de passe.

– Zaïre-Emery (6) : comme à son habitude, le jeune milieu du PSG a rempli son rôle de joueur hybride du système de Luis Enrique. Positionné en tant que latéral droit, il a répondu présent, restant très vigilant lorsque certains de ses coéquipiers commettaient des boulettes. Dans l’utilisation du ballon, il a fait du bien pour les transitions et faire redescendre le bloc auxerrois.

– Mayulu (5): dans le milieu recomposé du PSG, le jeune titi parisien n’a pas eu un impact si impressionnant que ça. Bien sûr, sa technique au-dessus de la moyenne lui a permis de se sortir du pressing sans trop de difficulté. Mais il a été assez frustrant dans l’utilisation du ballon, surtout dans le secteur offensif où il aurait pu apporter. Dans le secteur défensif, il a aussi été exposé.

– Vitinha (4) : dans cette rencontre, il y a eu deux Vitinha. Le premier avec ballon, qui a été encore adroit avec quelques décalages et des combinaisons bien senties. Mais le second sans ballon a été complètement perdu dans le système de Luis Enrique, à tel point que le coach espagnol lui a passé plusieurs soufflantes dans la rencontre, lui demandant de rester dans l’axe. Car le Portugais a déserté plusieurs fois son poste, créant de gros espaces.

– Mbaye (4) : le jeune ailier sénégalais, fraîchement vainqueur de la CAN 2025, a été moins tranchant que lors de ses entrées au tournoi. Il a tenté de provoquer par moments et a eu quelques opportunités devant le but, notamment une grosse occasion bien repoussée par Léon (36e). Remplacé à l’heure de jeu par Désiré Doué qui a été très peu inspiré dans la rencontre faisant preuve d’un peu de suffisance.

– Kvaratskhelia (6): l’attaquant géorgien a été le dynamiteur de l’attaque parisienne pendant une bonne partie du match. Très en jambes, il a tenté de débloquer la situation par tous les moyens, alternant entre les exploits individuels et l’altruisme. Mais sans succès pour perturber un Léon solide. Au retour des vestiaires, il a pu être bien plus aidé en combinant avec des attaquants plus mobiles.

– Ramos (4,5) : le buteur portugais a été trop discret lors de cette rencontre puisqu’il a peiné à se mettre en situation de but. Sa seule grosse occasion est une tête bien placée mais qui a été repoussée par un très bon Léon (30e). En difficulté, il a été remplacé par Ousmane Dembélé à l’heure de jeu pour tenter de dynamiser l’attaque parisienne, trop statique. Et cela a été réussi puisqu’il a été dans tous les bons coups et il est passeur décisif sur le but de Barcola.

Source de l’article : Foot Mercato