Art contemporain : quand Montresso inscrit la création africaine sur la scène mondiale
À l’occasion de la 1‑54 Contemporary African Art Fair Marrakech (5–8 février 2026), la Fondation Montresso – Jardin Rouge présente deux expositions majeures qui prolongent l’élan international de cette foire d’art devenue un rendez‑vous incontournable pour l’art contemporain africain et diasporique.
Ces propositions artistiques explorent le rôle du rythme, de la mémoire et de l’identité à travers des formes plurielles, de la percussion à la peinture en passant par la performance.
Depuis sa création en 2013, en effet, la 1‑54 Contemporary African Art Fair s’est imposée comme l’un des événements les plus importants pour la promotion des artistes africains et de la diaspora à l’échelle internationale. La 1‑54 est une plateforme de rencontres, de débats, de croisements entre artistes, galeristes, critiques et publics du monde entier.
C’est dans cette dynamique que la Fondation Montresso inscrit ses expositions, prolongeant la vision d’une scène artistique vivante, ouverte aux dialogues culturels et aux circulations des imaginaires. Jardin Rouge, espace de création et de résidences artistiques établi à Marrakech, s’affirme comme une institution capable de fédérer les énergies locales et internationales autour de grandes thématiques contemporaines.
Le tambour, héritage et réinvention
L’exposition IN‑Discipline 2026 : Diáspora do Tambor (7 février – 11 avril 2026), sous le commissariat d’Oswaldo Carvalho, célèbre le tambour comme symbole de mémoire, de résistance et de création contemporaine. Inspirée par les héritages africains au Brésil, l’exposition engage une réflexion profonde sur la manière dont un instrument ancien transcende les continents, se réinvente et devient métaphore des circulations diasporiques.
Le tambour est envisagé comme archive vivante des chants du monde, témoin de migrations, de résistances culturelles et de synchronicités créatives. La performance d’inauguration, programmée le 8 février à 13 heures, sera assurée par le collectif Ilú Obá de Min, groupe brésilien dont l’art percussif met en jeu le rythme comme lien social et cosmologique.
En prélude à l’exposition, une conférence ouverte au public est programmée le 6 février à La Mamounia : « Comment une pulsation peut‑elle traverser les océans, se réinventer et façonner l’imaginaire d’un pays ? » . Cette discussion interrogera le rôle du rythme comme pont entre histoires locales et récits mondiaux, en écho aux mouvements diasporiques, aux syncrétismes culturels et à l’influence des rythmes afro‑brésiliens dans les traditions musicales et chorégraphiques contemporaines.
Mythe, corps et diaspora
L’autre exposition présentée par Montresso, Icarus – Fahamu Pecou (jusqu’au 21 mars 2026), propose une relecture puissante du mythe d’Icare par l’un des artistes majeurs de la scène afro‑américaine contemporaine. Pecou, dont le travail articule peinture, performance et réflexion diasporique, revisite ce mythe classique comme figure de tension entre aspiration, chute et liberté.
Dans cette lecture, Icare incarne les luttes individuelles et collectives des diasporas. L’exposition explore la question du corps comme terrain narratif et politique, où la couleur, le geste et la posture deviennent autant d’espaces d’expression.
H.K. / Les Inspirations ÉCO
Source de l’article : LesEco.ma



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