L’univers sensible de l’artiste Diyae Dakir s’expose au Complexe Culturel Anfa

Ce samedi 24 janvier 2026, le Complexe Culturel Anfa accueille une exposition singulière et profondément habitée : celle de Diyae Dakir, artiste marocaine dont le travail bouleverse les évidences et réinvente la matière comme le regard.

Autodidacte, née en 1988 au Maroc, Diyae Dakir incarne une trajectoire rare et inspirante. Après plus de douze années passées dans les univers exigeants de la finance et du conseil, elle opère un virage radical, guidée par une nécessité intérieure : créer. Ce passage du monde de l’analyse à celui de la sensibilité n’est pas une rupture, mais une métamorphose — exactement comme celles qu’elle orchestre dans son œuvre.

Au cœur de sa pratique artistique se trouvent les écailles de poisson, matériaux organiques modestes, souvent rejetés, mais porteurs d’une mémoire profonde. Jadis vivantes, marquées par le mouvement, le temps et la survie, ces écailles deviennent sous ses mains des fragments de récit. Aucune ne ressemble à une autre. Leur singularité compose des surfaces vibrantes, instables, jamais figées, qui font écho à la nature mouvante de l’identité humaine.

Le geste de Diyae Dakir est à la fois esthétique et éthique. En réinvestissant une matière écartée du cycle de la valeur, elle questionne nos hiérarchies implicites : qu’est-ce qui mérite d’être conservé ? Qu’est-ce qui est jugé précieux ? Son travail ne se contente pas de transformer la matière, il la réhabilite, lui redonne une dignité symbolique et poétique. À travers cette alchimie, l’artiste invite le spectateur à repenser la notion même de valeur — matérielle, humaine, existentielle.

Ses œuvres ne s’imposent pas par le spectaculaire, mais par une force silencieuse, presque méditative. Elles racontent la transformation possible, celle de la matière comme celle de l’individu, lorsque l’on accepte de regarder autrement. Chaque création devient ainsi un espace de réflexion, un territoire où la fragilité se mue en puissance et où l’abandon se transforme en renaissance.

Avec cette exposition au Complexe culturel Anfa, Diyae Dakir confirme l’émergence d’une voix artistique singulière sur la scène contemporaine marocaine. Une voix libre, consciente, profondément ancrée dans son temps, qui nous rappelle que l’art est aussi — et peut-être avant tout — une affaire de regard, de sens et de transformation.

La rédaction/Le7tv

Source de l’article : Le7tv.ma