Croissance, dividende et allocation des cash
Boursenews : Tout d’abord, pourquoi avoir choisi de recourir à une augmentation de capital, et en quoi cette opération marque-t-elle une étape importante dans l’évolution de Risma ?
Risma : L’augmentation de capital vise à financer notre programme ambitieux de croissance, qui s’est récemment matérialisé par l’acquisition de la société CMG qui loge l’hôtel Radisson Blu à Marrakech et le centre commercial qui lui est rattaché. Nous avons également acquis un terrain à Tanger, à proximité de la baie pour y bâtir un nouvel hôtel 5 étoiles. L’opération d’augmentation de capital est une étape importante puisqu’elle s’effectue sans droit préférentiel de souscription, c’est-à-dire qu’elle s’adresse au marché boursier, professionnels et particuliers. Nous souhaitons construire une relation de confiance, à long terme, avec les investisseurs en Bourse, pour accompagner notre croissance et nos investissements.
Boursenews : Risma affiche depuis la sortie de crise des performances opérationnelles supérieures à la moyenne du marché, notamment en taux d’occupation. Quels sont aujourd’hui les principaux moteurs de cette surperformance et, surtout, quels sont ceux que vous estimez les plus durables dans le cycle actuel ?
Risma : La localisation, la qualité de nos hôtels, ainsi que le maintien de nos hôtels aux meilleurs standards nous permettent de surperformer le marché. Les marques internationales ainsi que la distribution contribuent bien évidemment à ces surperformances.
Boursenews : Depuis la sortie d’Accor du capital, vous disposez d’une plus grande flexibilité dans le choix des enseignes. Comment cette diversification des marques influence-t-elle le profil de rentabilité du groupe et son exposition aux différents cycles de la demande ?
Risma : La flexibilité nouvelle est un atout puisqu’elle nous permet d’élargir le type d’hôtels que nous pouvons acheter ou construire et choisir à chaque fois la meilleure marque pour cet hôtel particulier. Elle nous permet également de mettre en concurrence les marques quant à la prestation de service qu’elles fournissent et le prix de cette prestation.
Boursenews : Vous mettez en avant une politique de dividende régulière, y compris dans une phase d’investissement. Comment s’inscrit-elle dans votre vision de long terme de la relation avec les actionnaires ?
Risma : Il est important de donner de la visibilité au marché boursier et c’est pourquoi nous privilégions une politique de distribution par palier, en partant d’un dividende par action forfaitaire, fixe et connu à l’avance. Ainsi, nous avons initié cette politique en distribuant 6 DH/action en 2024 puis 7 DH/action en 2025. Comme vous le savez, le dividende est une composante importante de la rentabilité globale de l’investissement en action.
Boursenews : Avec un flottant porté autour de 20% et un recours assumé au marché, souhaitez-vous inscrire Risma dans une logique de financement récurrente par les marchés, et à quelles conditions seriez-vous prêts à y revenir ?
Risma : Nous sommes ambitieux et volontaires quant à notre programme de développement et de croissance. Nous avons formulé l’ambition d’atteindre 28 hôtels en 2030. Le recours au marché pour augmenter notre capital se fera en fonction de l’évolution de notre endettement, lui-même conséquence du rythme d’acquisition et de construction de nouveaux hôtels. Nous souhaitons rester raisonnables quant à notre niveau d’endettement.
Boursenews : Enfin, quel est aujourd’hui le message central que vous souhaitez adresser aux investisseurs de long terme sur la capacité de Risma à combiner croissance, génération de cash et discipline financière dans les années à venir ?
Risma : Risma va offrir un profil assez rare, combinant un bon dividende et de la croissance. Notre croissance se fait à la fois en optimisant nos 24 unités actuelles et aussi en achetant de nouvelles unités ou en construisant. Le secteur touristique marocain a beaucoup d’atouts et grandit rapidement : nous sommes passés de 4 millions de touristes par an au début des années 2000 à près de 20 millions de touristes en 2025.
Le second message important est que nous avons une discipline claire en matière d’allocation des cashflows : les cashflows générés par l’exploitation couvrent les investissements de maintenance ainsi que les programmes de rénovation de notre parc hotelier. Ils couvrent également le dividende. Mais ce ne sont pas les cashflows d’exploitation qui couvrent les changements de périmètre lorsque ces changements sont significatifs : chaque acquisition importante est financée séparément par un mix de dette et de fonds propres, mix determiné en fonction de notre niveau cible d’endettement.
Propos recueillis par Youssef Seddik
Source de l’article : Boursenews



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