Paradoxe algérien flagrant: quand la presse du régime militaire parle d’éthique
La sortie de l’Agence de presse algérienne contre un programme français diffusé sur une chaîne publique suscite un paradoxe saisissant, non pas tant par le contenu de la critique que par l’identité de celui qui la formule. Le média affilié au régime militaire, connu pour son lourd passif en matière de désinformation, de mensonge et d’incitation, s’est soudainement érigé en gardien de l’éthique professionnelle et des standards journalistiques, dans une scène qui résume l’ampleur de la crise morale et politique que traverse l’Algérie officielle.
L’Agence de presse algérienne a attaqué l’audiovisuel public français, l’accusant de dérive, de promotion des thèses de l’extrême droite et d’abandon des valeurs journalistiques. Or, ce discours passe volontairement sous silence, ou feint d’ignorer avec une arrogance flagrante, la réalité même des médias algériens, transformés depuis des années en un appareil de propagande grossier, dont l’unique fonction est de polir l’image du pouvoir militaire, de réprimer les voix indépendantes et de diffuser des contrevérités à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.
Ce qui prête le plus à la dérision, c’est que ce même appareil médiatique, qui se plaint aujourd’hui de « désinformation » et de « manipulation » , mène lui-même une campagne quotidienne et méthodique contre le Maroc, en recourant à des procédés sournois, à un langage dégradant et à des récits fabriqués de toutes pièces, sans le moindre lien avec l’éthique professionnelle ou les règles élémentaires du journalisme. Une attaque qui ne repose pas sur des faits, mais sur une rancœur politique chronique, nourrie par une doctrine militaire fondée sur la fabrication d’un ennemi extérieur pour fuir les crises internes.
Les discours de l’Agence de presse algérienne sur la « manipulation de la jeunesse » et « l’empoisonnement des esprits » frisent le pathétique, lorsqu’on se rappelle comment les médias algériens ont été domestiqués, leurs espaces asséchés, et les journalistes transformés en exécutants soumis aux directives des appareils sécuritaires, tandis que toute voix libre est réduite au silence, poussée à l’exil ou jetée en prison.
S’attaquer aux médias français, quelles que soient les critiques légitimes qu’on puisse leur adresser, ne saurait masquer une réalité évidente : la presse du régime militaire algérien est impliquée dans de graves scandales professionnels, de la fabrication de fausses informations à l’invention de complots, en passant par l’invitation de personnages dépourvus de toute crédibilité, présentés comme des « experts » pour la seule raison qu’ils insultent le Maroc ou justifient l’échec du système.
Le problème n’est ni un programme français ni une émission télévisée, mais bien un régime en crise, qui perçoit le journalisme libre comme une menace existentielle, considère toute mise en question comme une conspiration, toute critique comme une hostilité, et toute vérité qui ne lui est pas soumise comme une « guerre secrète » .
Cette offensive ne révèle qu’une seule chose: la peur du régime militaire face à l’image, à la question et à la comparaison. Un système qui attaque les autres au nom de l’éthique, alors que ses propres médias sombrent dans l’incitation, la haine et la désinformation, ne défend pas la vérité, il défend sa propre fragilité.
Source de l’article : lareleve.ma



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