En dix ans, comment la WAB de Bergerac a gagné son pari de lancer une école du digital en milieu rural

Dix ans après avoir créé la structure, en 2016, Alban Brettes, ancien conseiller en stratégie au Maroc, revenu sur ses terres natales, juge qu’il a réussi son pari, cette idée un peu folle soufflée par son père Alain de monter une école dédiée au digital en milieu rural.

Parti seul, le PDG compte aujourd’hui 14 salariés dans sa société coopérative d’intérêt collectif (Scic) qui regroupe également des actionnaires publics et privés. « Je souhaitais avoir une gouvernance démocratique mais aussi plurielle avec toutes les sensibilités » , explique Alban Brettes dont sept salariés sont également actionnaires. Le modèle coopératif détonne dans la « jungle » du secteur de la formation où ce « Petit Poucet » estime avoir toute sa place.

Demande des entreprises

Actuellement, 70 élèves suivent les différents cursus, uniquement dispensés en distanciel. À la formation historique de designer UI (conception de solutions numériques), s’est ajoutée celle de community manager en 2022. Deux autres ouvriront en mars : monteur vidéo et chargé de marketing digital. « On a une énorme demande des entreprises sur la vidéo, avance le dirigeant. Concernant la seconde formation, cela correspond aussi au nouveau type de commercial recherché par une entreprise. » Pour tenter de se « démarquer » dans l’univers pléthorique de la formation, la WAB mise sur une offre « qualitative » . « On a une équipe humaine, un intervenant qui est là du matin au soir quatre jours par semaine pour répondre aux élèves qui bloquent » , détaille Alban Brettes. Pour les masterclass, la WAB mise sur les codes du streaming très interactifs. « Depuis qu’on est passé au distanciel en 2023, l’engagement de la communauté d’apprenants est encore plus important, les anciens sont également impliqués. Les élèves partagent sur Discord. » Il semble bien loin le temps où huit élèves étaient présents sur les bancs de l’école, rue Fonbalquine à Bergerac. D’autant que le dernier lundi de chaque mois, de nouveaux étudiants peuvent rentrer en formation. « On propose une personnalisation du calendrier, un rythme beaucoup plus souple pour les entreprises qui prennent nos élèves en alternance » , ajoute le dirigeant. Et les résultats sont là : 60 % des élèves trouvent un emploi dans les six mois.

Organisme certificateur

L’activité de la WAB ne s’arrête pas là, elle propose aussi des formations plus courtes (huit semaines) sur certaines compétences du digital. Éligibles aux différents dispositifs comme le compte personnel de formation (CPF), elles sont en plein développement et ont accueilli 175 élèves en 2025. Ces huit certifications, créées par la Scic, permettent à la société d’être un organisme certificateur. Concrètement, elle loue ces certifications à d’autres entreprises de formation à travers la France et compose le jury des apprenants en fin de cursus.

En 2025, la WAB a compté 65 partenaires et 1 500 stagiaires comme organisme certificateur. De nouvelles certifications devraient être créées en 2026.

Source de l’article : Sud Ouest