Finale de la CAN 2025: pourquoi Dakar souhaite calmer le jeu avec Rabat?

Avec notre correspondante à Dakar, Léa-Lisa Westerhoff

Que ce soit le chercheur sénégalais et membre de la Fondation Mohammed VI des oulémas africains, Cheikh Ibrahim Diop, ou l’ancien joueur et double Ballon d’or sénégalais El Hadj Diouf, les déclarations pour rappeler les liens très forts qui unissent le Maroc et le Sénégal se sont multipliées dans la presse ces dernières heures – comme pour mieux éteindre l’incendie lancé sur les réseaux sociaux. « Bien avant que le football existe, nos peuples échangeaient déjà (…) priaient ensemble » , affirme ainsi El Hadj Diouf dans sa tribune évoquant les routes caravanières et la confrérie tijane avec Fès comme capitale qui lient les deux pays spirituellement depuis des siècles. « Une même culture » (…) « plus forte que n’importe quel score » affirme l’ancien joueur avant d’ajouter que « le football doit rester un langage de fraternité » .

Relations économiques et universitaires

D’autres encore évoquent les importantes relations économiques entre les deux pays, avec, entre autres, les nombreux investissements. Le Maroc est ainsi présent dans les assurances, les banques, les télécoms et les infrastructures. Enfin, il y a cet accord de coopération académique signé en 1965 et qui facilite l’accès des Marocains aux facultés sénégalaises de médecine, avec la réciproque pour les Sénégalais, pour qui le royaume chérifien est le deuxième pays de destination après la France. « Dans l’imaginaire collectif sénégalais, cette relation avec le Maroc a quelque chose de sacré » , affirme Bakary Samb, « une relation qui a survécu à tous les régimes politiques » , d’où l’ampleur du choc de la voir émaillée par le football.

Source de l’article : RFI