Maroc, pilier de la sécurité alimentaire africaine à l’ère bas carbone
Face à l’urgence climatique et à la croissance rapide de la population mondiale, qui devrait atteindre 9,8 milliards d’habitants à l’horizon 2050, la sécurité alimentaire s’impose comme un défi central. En articulant innovation agricole et transition bas carbone, le Maroc s’affirme comme un acteur stratégique de la sécurité alimentaire en Afrique.
Nourrir une population mondiale en forte croissance tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre constitue désormais un impératif majeur. D’après le rapport World Population Prospects : The 2017 Revision publié par l’Organisation des Nations unies, la population mondiale atteindra 9,8 milliards d’habitants à l’horizon 2050, l’Afrique devant à elle seule absorber près de la moitié de cette croissance. Or, paradoxalement, le continent africain concentre environ 65 % des terres arables non cultivées à l’échelle mondiale, selon le rapport Feed Africa (2019) de la Banque africaine de développement.
Selon l’article « How Morocco Is Powering Food Security Through Clean Energy and Innovation » , publié le 8 janvier 2026 par le World Economic Forum, le Royaume détient près de 70 % des réserves mondiales de phosphate, une ressource essentielle à l’approvisionnement mondial en phosphore. Cette position confère au Maroc un rôle central dans la sécurité alimentaire du continent africain. Classé parmi les cinq premiers exportateurs mondiaux d’engrais, selon le World Integrated Trade Solution de la Banque mondiale, le Maroc se situe au croisement de deux priorités mondiales majeures : nourrir les populations et accélérer la décarbonation des chaînes de valeur agricoles.
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De plus, les phosphates, aux côtés de l’azote et du potassium, constituent les piliers essentiels de la fertilité des sols. Le Maroc s’est positionné comme un leader des engrais bas carbone et sur mesure, démontrant que la productivité agricole et l’action climatique peuvent converger. Cette ambition s’inscrit dans sa Contribution déterminée au niveau national (NDC), qui prévoit une réduction des émissions de 21,6 % d’ici 2035, pouvant atteindre 53 % avec un soutien international. D’ailleurs, le secteur des phosphates contribue pour 9 % à l’atteinte de cet objectif climatique.
Afin de répondre à la demande mondiale, le groupe OCP prévoit d’augmenter sa production d’engrais de 12 millions de tonnes en 2024 à 20 millions de tonnes en 2027. L’objectif est également d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2040.
Au-delà de l’effort industriel, la stratégie du groupe repose également sur une transformation en profondeur des systèmes agricoles. Des programmes tels que Tourba et Al Moutmir s’appuient sur des modèles centrés sur les agriculteurs afin de déployer des pratiques agricoles scientifiquement fondées et à faible émission de carbone, ainsi qu’une assistance technique favorisant l’adoption de méthodes régénératrices. Les premiers résultats sont prometteurs, avec des gains de rendement pouvant atteindre 23 %, une augmentation de la rentabilité dépassant 50 % et jusqu’à 1,4 tonne de carbone séquestrée par hectare.
Source de l’article : Maroc Diplomatique



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