CAN 2025 : les leçons à retenir pour la Coupe du monde 2030
D’emblée, Karim Dronet qualifie cette édition de la CAN d’ « exemplaire » , allant jusqu’à la considérer comme « l’une des meilleures jamais organisées dans l’histoire du football africain » . Présent dans les stades, il insiste sur la qualité des infrastructures mises à disposition, qu’il juge « de très, très haut niveau » .
Le complexe sportif de Prince Moulay Abdellah est notamment cité comme une référence, projetant déjà le Royaume dans la perspective de la Coupe du monde 2030. « C’est tout à fait fabuleux et cela nous projette clairement vers les standards exigés pour un événement mondial » , souligne-t-il.
Au-delà des infrastructures, l’accueil et la sécurité autour des stades ont été particulièrement salués. Karim Dronet évoque un dispositif « très attentif mais aussi très prévenant » vis-à-vis des supporters, y compris lors de rencontres à forte charge émotionnelle.
Il cite notamment le match entre la Guinée équatoriale et l’Algérie, pour lequel un dispositif sécuritaire « extraordinaire » avait été déployé. « Il n’y a eu aucun débordement » , précise-t-il, ajoutant que certains supporters algériens ont même tenu à remercier les forces de sécurité pour la qualité de l’accueil. Pour le journaliste, le Maroc a ainsi « marqué de son empreinte » cette CAN, démontrant sa capacité à organiser des compétitions de grande envergure dans un climat serein.
Des retombées économiques significatives
Sur le plan économique, les retombées sont jugées considérables. Karim Dronet insiste sur l’impact direct sur le secteur touristique, évoquant des stades remplis dans plusieurs villes, y compris lors de matches ne concernant pas l’équipe nationale marocaine.
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Hébergement, restauration et services ont bénéficié de l’afflux de spectateurs nationaux et étrangers. « On parle de retombées comprises entre 12 et 14 milliards » , avance-t-il, soulignant que ces chiffres traduisent une véritable valeur ajoutée pour l’économie nationale.
Au-delà des chiffres, le bénéfice est aussi immatériel. Pour Karim Dronet, la CAN a renforcé le soft power du Maroc sur la scène internationale. « Le Maroc s’est affirmé comme une grande nation de football » , affirme-t-il, rappelant le parcours de la sélection nationale jusqu’en finale et sa place parmi les meilleures équipes mondiales.
Il note également l’enthousiasme des médias étrangers, notamment français, face à l’hospitalité marocaine et à la qualité de l’organisation. L’implication d’acteurs publics comme l’ONCF, qui a facilité les déplacements des supporters, illustre selon lui un effort collectif réussi.
Billetterie, confort, services et arbitrage : des points noirs à renforcer
Malgré ce bilan globalement positif, plusieurs dysfonctionnements ont été relevés. Le premier concerne la billetterie. Karim Dronet évoque des difficultés d’accès à la plateforme, source de frustration pour de nombreux supporters. « Beaucoup de gens n’ont pas pu aller au stade » , regrette-t-il.
Il dénonce également la flambée des prix des billets, qualifiés d’ « exorbitants » pour certaines rencontres, estimant que cette question devra être rapidement corrigée à l’avenir.
Autre point sensible : la gestion des flux de spectateurs, notamment lors de la finale. Le journaliste décrit une foule largement supérieure à la capacité d’accueil de certaines infrastructures, comme la gare de Rabat, où un risque réel d’accident de foule existait selon lui.
À la sortie des stades, les problèmes de circulation ont également été notables. « Il a fallu plus d’une heure et demie pour sortir de la ville » , explique-t-il, évoquant une saturation totale du trafic à Rabat et des situations similaires à Tanger, en raison du manque de voies de dégagement.
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Karim Dronet pointe aussi des insuffisances en matière de services aux spectateurs. Sanitaires surchargés, buvettes insuffisantes, manque d’espaces de restauration autour des stades.
Il insiste également sur la nécessité de mieux former les stadiers. « Ils étaient présents, mais souvent perdus » , note-t-il, évoquant des difficultés à orienter et placer correctement les spectateurs dans les gradins.
L’environnement immédiat des stades, parfois mal aménagé, devra également faire l’objet d’une mise à niveau en vue des grandes échéances futures.
Enfin, Karim Dronet n’élude pas la question de l’arbitrage, qu’il qualifie de « point noir » du tournoi. Selon lui, le niveau des arbitres n’a pas été à la hauteur de celui des joueurs et des infrastructures.
Il cite en particulier l’arbitrage de la finale, estimant que l’arbitre central et son équipe n’avaient pas les compétences requises pour gérer un match d’un tel niveau. « Il va falloir revoir ce point-là en profondeur » , insiste-t-il, appelant la CAF à prendre ses responsabilités.
En définitive, cette CAN a permis au Maroc de démontrer son savoir-faire organisationnel tout en identifiant clairement les chantiers à ouvrir. Pour Karim Dronet, le Royaume dispose désormais d’une base solide pour préparer la Coupe du monde 2030, à condition de tirer pleinement les enseignements de cette expérience continentale.
Source de l’article : Lebrief


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