IMA Comedy Club 2026 : quand l’humour devient un langage commun !

Le festival investit deux lieux emblématiques : l’Institut du monde arabe à Paris, cœur historique de l’événement, mais aussi La Cave d’Argenteuil. Un ancrage territorial fort, qui permet à l’IMA Comedy Club de toucher des publics variés et de faire circuler un humour vivant, au plus près des réalités sociales et culturelles.

Un festival ancré dans son époque

Le rire comme respiration. Le stand-up comme miroir. L’IMA Comedy Club revient avec une ambition claire : parler du monde tel qu’il est. Sans détour. Sans filtre. Dans un contexte tendu, l’humour s’impose comme une nécessité. Il bouscule. Il soulage. Il questionne. C’est cette vision que défend l’Institut du monde arabe, fidèle à un festival qui a su élargir son public, à Paris comme à Argenteuil. Le stand-up proposé ici s’inscrit dans le réel. Il puise dans le quotidien. Il joue avec les identités, les contradictions, les fractures. Toujours avec liberté.

Sur scène, les artistes abordent sans détour les grandes questions de société : l’exil, les identités multiples, la place des femmes, les normes culturelles et familiales, ou encore le vivre-ensemble. Le rire devient alors un acte de liberté, une manière de regarder le monde autrement.

Une programmation riche et plurielle

Pour cette 7e édition, l’IMA met à l’honneur la diversité des scènes humoristiques francophones et arabophones. Galas, seuls en scène, soirées thématiques. Le programme se veut dense et ouvert.

Dès le mercredi 28 janvier, le gala d’ouverture donne le ton. Une soirée portée par Walid Jabbari, maître de cérémonie, entouré notamment d’Adel Fugazi, Flora Amara, Sofia Titrit, Armand et Youness Hanifi. Une génération d’artistes à l’énergie brute. Des écritures ancrées dans le présent.

Le jeudi, place à la scène arabophone avec la Awk.word Comedy Club Night. Un collectif né au Liban. Une parole multilingue. Des artistes venus de Syrie, du Maroc, du Soudan ou du Liban. Un humour qui traverse les frontières et les langues.

Derrière ce plateau, le collectif awk.word s’impose comme une scène profondément engagée. Le stand-up y devient un outil de réflexion sociale, où les artistes interrogent le déracinement, le multiculturalisme, l’identité et les parcours de vie, dans une parole libre, parfois mordante, toujours incarnée.

Cette édition se distingue aussi par la place accordée aux femmes humoristes, dont les voix, multiples et affirmées, traversent la programmation. Leurs écritures abordent l’intime, les normes sociales, les injonctions culturelles et la quête d’émancipation, contribuant pleinement au renouvellement et à la vitalité du stand-up contemporain.

L’humour comme transmission

Le festival ne se limite pas à la scène. Il forme aussi. Des ateliers d’initiation au stand-up sont proposés à l’IMA et à Argenteuil. Ils sont animés par Tarik Seddak et Christine Berrou. Objectif : accompagner de jeunes talents. Leur donner des outils. Et les faire monter sur scène lors de la soirée d’ouverture. Une manière de transmettre. De faire émerger de nouvelles voix. Et de rappeler que l’humour s’apprend aussi.

Des récits intimes, des thèmes universels

Le vendredi 30 janvier, l’humoriste tunisien Nidhal Saadi présente 2ème Vie. Un spectacle en arabe dialectal. Il y parle de paternité, de couple, de notoriété. Il parle vrai et transforme les galères en rires.

Le samedi, une soirée spéciale « Mariages » interroge le couple, la pression sociale, les normes. Malik Belkhodja et Sabrine Zayani mènent la danse, entourés d’artistes aux univers contrastés. L’humour devient alors un terrain commun. Un espace de reconnaissance collective.

Autour d’eux, Aby, Myriam Baroukh, Solay et Saad portent des écritures nourries par l’intime et le vécu. À travers leurs récits, ils questionnent la réussite, la mixité, les injonctions sociales et les modèles imposés, transformant le quotidien en matière à rire et à réfléchir.

Une clôture en douceur

Le festival s’achève le dimanche 1er février avec Adel Fugazi. Un spectacle pensé comme une pause. Un temps suspendu. L’absurde y côtoie la lucidité. Le rire s’y fait presque méditatif. Une façon de refermer le rideau sans fracas, mais avec justesse.

Source de l’article : Beur FM