Finale Maroc-Sénégal : au-delà du penalty, un scénario écrit d’avance
La finale de la Coupe d’Afrique des Nations entre le Maroc et le Sénégal s’est imposée comme l’un des matches les plus controversés de l’histoire récente du football africain. Une rencontre marquée par une décision arbitrale déterminante — le penalty accordé au Maroc dans les dernières minutes du match — mais surtout par une succession d’événements et de comportements qui ont profondément affecté l’esprit sportif et l’image de la compétition.
Si la décision arbitrale intervenue à la 95e minute a cristallisé les débats, de nombreux observateurs estiment que le véritable enjeu dépassait le simple fait de jeu. Car même si un penalty similaire avait été sifflé plus tôt dans la rencontre, le scénario final aurait vraisemblablement été le même. Les faits survenus en fin de match donnent le sentiment que l’issue ne dépendait pas uniquement de l’arbitrage, mais d’un climat déjà fortement dégradé.
Bien avant l’action décisive, la rencontre s’est déroulée dans une atmosphère inhabituelle, marquée par des tensions visibles sur et en dehors du terrain. Retards, contestations répétées, gestes provocateurs et débordements dans les tribunes ont accompagné le match, des scènes largement relayées et documentées, renforçant l’impression d’un contexte conflictuel installé avant même le coup d’envoi.
Les premiers signes de crispation sont apparus dès l’arrivée de la délégation sénégalaise à Rabat. Un communiqué évoquant une gêne liée à la présence de supporters sénégalais a suscité des interrogations, d’autant que la Fédération sénégalaise avait elle-même communiqué publiquement l’itinéraire et l’horaire d’arrivée de son équipe à bord du train à grande vitesse Al Boraq. En l’absence d’incidents avérés, la présence de supporters venus accueillir leur sélection et prendre des photos n’a pas été signalée comme problématique par les autorités locales.
À la veille de la finale, la question de la billetterie est également venue alimenter les tensions. Tout en reconnaissant avoir bénéficié des quotas prévus par les règlements de la CAF, des demandes supplémentaires ont été formulées, contribuant à un climat de tension peu habituel avant un rendez-vous continental de cette ampleur.
Sur le plan médiatique, certaines déclarations du sélectionneur sénégalais, mettant en doute l’organisation de la compétition au Maroc, ont été perçues comme provocatrices. Ces propos ont suscité de nombreuses réactions, alors que l’organisation de la CAN 2025 avait jusque-là été largement saluée par les observateurs pour ses standards logistiques, sécuritaires et infrastructurels.
Sur le terrain, l’argument de l’arbitrage a refait surface, comme lors d’autres matches du tournoi. Plusieurs sélections éliminées ont invoqué des décisions arbitrales pour expliquer leur sortie, malgré des prestations offensives limitées ou une domination adverse nette, à l’image de certains quarts de finale marqués par un déséquilibre évident dans le jeu.
Le Maroc, de son côté, a évolué tout au long de la compétition dans un climat de polémique récurrente. Dès le match d’ouverture, remporté avec autorité, des accusations d’arbitrage favorable ont circulé. Face au Mali, les Lions de l’Atlas ont concédé un penalty en fin de rencontre, tandis que contre la Tanzanie, une autre controverse a émergé autour d’une décision arbitrale contestée.
Dans ce contexte général, la finale apparaît pour beaucoup comme l’aboutissement d’un climat déjà fragilisé. La décision arbitrale, quelle qu’en soit l’appréciation, n’a fait qu’accélérer un scénario sous tension, sans pouvoir restaurer un esprit sportif mis à mal bien avant les dernières minutes du match.
Au-delà du résultat, cette finale soulève une question centrale pour le football africain : celle de la préservation de l’intégrité sportive et de l’équité dans les grandes compétitions. La crédibilité du football continental repose avant tout sur la capacité de ses instances à garantir le respect des règles, à prévenir les dérives et à protéger l’esprit du jeu, quelles que soient les circonstances.
Source de l’article : Industrie du Maroc



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