Tomates marocaines: les paysans français voient rouge

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La tomate cerise marocaine cristallise encore une fois la colère des agriculteurs français, dont les représentants font feu de tout bois, et un lobbying agressif pour obtenir du gouvernement des décisions fermes contre l’importation des tomates cultivées dans le Royaume.

Malgré toutes les assurances présentées par les producteurs et les rapports de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), qui a fourni les preuves concernant un dispositif de contrôle sanitaire rigoureux, conforme aux standards internationaux les plus stricts, garantissant la sécurité et la qualité des produits agricoles issus du royaume, les « ennemis » de la tomate marocaine ont repris leur bâton de pèlerin pour s’attaquer avec virulence au légume controversé. Des revendications qui ont refait surface à l’occasion des manifestations des agriculteurs à Paris le 8 janvier, où ils manifestaient notamment contre l’accord de libre-échange avec le Mercosur et réclamant également des simplifications administratives, jugeant les normes trop contraignantes.

De Paris à Bruxelles, les lobbies anti Marocains, s’activent ainsi pour obtenir autant du gouvernement français que de la Commission européenne une limitation drastique , voire même une interdiction en bonne et due forme.

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Ainsi, sous couvert d’informer le consommateur sur « les produits alimentaires vendus et de la lutte contre les affichages trompeurs » , la Commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale avait examiné le 25 octobre dernier, une proposition de loi visant à rendre systématique l’information du consommateur sur l’origine des denrées alimentaires par le moyen de l’étiquetage, qui visait essentiellement l’origine des tomates Marocaines.

La pression sur le gouvernement français pour limiter les importations marocaines de tomates cerises, a permis à ces lobbies de « recruter » à l’Assemblée Nationale, une quinzaine de députés de plusieurs partis censés défendre les revendications des producteurs de tomates français au ministère de l’Agriculture, lors de séances parlementaires.

C’est le cas notamment de Angélique Ranc, élue Rassemblement National dans le département de l’Aube , qui dénonce régulièrement une « concurrence déséquilibrée » en faveur des tomates cerises marocaines, se scandalisant au passage, d’une situation qui n’est ni plus ni moins qu’une asphyxie économique des producteurs français. Alors que la députée émarge au groupe d’amitié France-Maroc à l’Assemblée nationale, présidé par Hélène Laporte, une autre députée du même parti !

Mobilisés par l’association Tomates et concombres de France, trois députés ont successivement interrogé, au début de l’automne, la ministre française de l’Agriculture, Annie Genevard « sur les solutions envisagées face à cette concurrence jugée déloyale » .

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Auparavant, le numéro deux de la section agriculture et développement rural de la Commission européenne, Pierre Bascou, a reçu les représentants de l’organisation agricole espagnole Coordinadora de Organizaciones de Agricultores y Ganaderos (Coag), pour discuter de la tomate marocaine.

Quant au gouvernement Français, il souffle le chaud et le froid pour, d’un côté, ne pas froisser encore plus des paysans chauffés à blanc par la crise du Mercosur et la récente épidémie de dermatose au sein du bétail, et d’un autre côté pour ne pas risquer une autre crise diplomatique avec le royaume sur fond d’exportation des tomates marocaines. Ainsi, le ministère de l’Agriculture d’Annie Genevard a publié un communiqué le 6 janvier, où il invite les agriculteurs des deux pays à ouvrir des négociations pour une concertation qui préserve les intérêts des deux parties.

Source de l’article : Challenge.ma