Sécurité et droits des femmes : Comment le Maroc renforce son cadre juridique et son engagement international
La sécurité et les droits des femmes s’imposent aujourd’hui comme une exigence sociale majeure. Entre réformes juridiques, engagements sur la scène mondiale et classements internationaux, le Maroc multiplie les initiatives, même si des enjeux demeurent à consolider.
Si les indicateurs internationaux attestent d’une progression des libertés des femmes au Maroc, le ressenti demeure plus nuancé. C’est dans ce contexte que l’État et la société civile s’engagent dans des actions visant à renforcer la protection des femmes, convaincus que le développement et la stabilité ne peuvent être durables sans l’égalité et le respect des droits fondamentaux.
Cette mobilisation s’inscrit dans un cadre institutionnel posé dès 2011, avec la Constitution érigeant l’égalité entre les femmes et les hommes en principe fondamental. La nouvelle Constitution, à travers l’article 19, a établi le principe de l’égalité en matière des droits et libertés à caractère civil, politique, économique, social, culturel et environnemental. Cet article a constitué un triomphe pour les femmes et une référence judiciaire.
Ce principe constitutionnel trouve une traduction concrète à travers des instruments juridiques et des initiatives territoriales. La loi n° 103.13, entrée en vigueur en 2018, a marqué une étape déterminante dans la lutte contre les violences faites aux femmes, en renforçant les mécanismes de prévention, de protection et de prise en charge des victimes.
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Au-delà de la lutte contre les violences, ce cadre juridique s’étend également au champ professionnel. Le Code du travail consacre, pour sa part, l’interdiction de toute discrimination fondée sur le sexe, garantit l’égalité de traitement en matière de rémunération et de conditions de travail, et proscrit le harcèlement.
Quant à la Moudawana, la réforme adoptée en 2004 a marqué une avancée structurante en matière de droits des femmes, en portant l’âge légal du mariage à 18 ans, en affirmant la coresponsabilité des époux, en reconnaissant et en encadrant le droit au divorce et le droit à la garde des enfants. Si ces acquis demeurent un socle fondamental, le Code de la famille est aujourd’hui au cœur d’un important chantier de révision, dont des propositions de modernisation ont été présentées à la fin de 2024 et font l’objet de débats et de concertations.
Une dynamique affirmée à l’échelle internationale
Ces dispositions juridiques s’inscrivent dans un effort plus large, dont l’impact se reflète également dans les classements internationaux.
Le Maroc se classe ainsi au deuxième rang en Afrique du Nord, derrière la Tunisie, et atteint la 102ᵉ place au niveau mondial, selon le « Global Women, Peace and Security Index 2025/26 » . Cette progression, par rapport à 2023 où le Royaume occupait la 114ᵉ position, traduit une dynamique positive, tout en soulignant que la consolidation de la sécurité des femmes reste un chantier à poursuivre.
Sur l’échelle internationale, le Royaume a officiellement lancé, le 26 septembre 2025, l’extension du premier Plan d’action national sur la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU intitulée « Femmes, Paix et Sécurité » à New York. Ce plan repose sur des actions concrètes, allant de la prévention des violences par des réformes judiciaires à la promotion d’une culture de l’égalité, notamment à l’école. Il encourage également la participation active des femmes aux questions de paix et de sécurité. A cette occasion, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, M. Nasser Bourita, a souligné que cette démarche découle d’une conviction nationale profonde : sans les droits des femmes, ni la paix ni le développement inclusif ne peuvent réellement s’ancrer.
Source de l’article : Maroc Diplomatique



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