Enseignement supérieur: le projet de loi adopté, mais les tensions universitaires persistent

Le Parlement marocain a adopté, mardi 20 janvier, le projet de loi n°59.24 sur l’enseignement supérieur et la recherche scientifique, une étape clé de la réforme universitaire. Toutefois, le Syndicat national de l’enseignement supérieur annonce une grève en février, dénonçant le manque de dialogue.

À l’issue du processus législatif en vigueur, la Chambre des représentants a adopté hier mardi, en deuxième lecture, le projet de loi n°59.24 portant sur l’enseignement supérieur et la recherche scientifique. Le ministère de l’Enseignement supérieur a salué cette avancée législative, mettant en avant le climat de débat sérieux, la coopération fructueuse et le travail collectif qui ont caractérisé toutes les étapes de l’élaboration, de la discussion et du vote du projet de loi.

Cet événement illustre l’engagement collectif et mature en faveur de la réussite de ce chantier législatif crucial et de la réalisation de ses objectifs, ajoute la même source.

L’adoption de ce texte représente, selon le département d’Azzedine El Midaoui, un indicateur supplémentaire de la solidité et de la qualité de la gouvernance institutionnelle au Maroc. Elle couronne un processus de réforme progressif visant à répondre aux attentes et aspirations des différents acteurs et parties prenantes pour construire une université marocaine capable de former le capital humain, de contribuer à la croissance économique et de soutenir les programmes et politiques publiques dans leurs phases de planification, de mise en œuvre et d’évaluation.

Selon le ministère, ce texte, qui a suscité de vives réactions dans le milieu universitaire, constitue « l’aboutissement d’un processus réformateur en accord avec les attentes des acteurs pour le développement de l’université marocaine » .

Climat tendu dans l’université

Cependant, alors que le ministre Azzedine El Midaoui exprime son satisfecit, le climat dans les universités reste tendu. Le Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESup), principale organisation représentant les enseignants-chercheurs, a annoncé une grève nationale les 3, 4 et 5 février prochain pour protester contre l’adoption du projet de loi.

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Dans un communiqué, le syndicat a dénoncé un projet « imparfait dans sa forme et dans son fond » , critiquant le manque de consultation et l’insistance du gouvernement à faire passer la loi sans répondre aux demandes de dialogue et de suspension préalablement formulées par les organisations syndicales.

Alors que le ministère vante un « climat de discussion sérieux et de collaboration fructueuse » tout au long de l’élaboration du projet, les enseignants estiment que la réalité sur le terrain risque de déboucher sur un nouveau conflit ouvert entre le ministère et le syndicat.

Source de l’article : H24info