Le PJD réclame une « VAR politique » pour contrôler les politiques publiques

En rebondissant sur les événements ayant entaché la finale de la Coupe d’Afrique des Nations, où l’équipe du Sénégal a refusé d’accepter une décision arbitrale, le Parti de la justice et du développement (PJD) a estimé que l’utilisation de la technologie de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) devrait être également utilisée pour suivre l’application de certains projets nationaux.

Dans une logique partisane et à l’approche des élections législatives, le PJD qui a siégé 10 ans au pouvoir avant d’encaisser un revers populaire aux dernières élections de 2019, essaie de tirer son épingle du jeu, en critiquant le bilan gouvernemental actuel.

Lors de la séance mensuelle de questions adressées au chef du gouvernement, tenue lundi à la Chambre des représentants, la députée Touria Afif, s’est interrogée sur les résultats de plusieurs initiatives politiques et économique dans le pays.

Selon elle, l’économie sociale et solidaire au Maroc serait devenue un symbole de précarité, de clientélisme et d’exploitation électorale, critiquant au passage ce qu’elle a appelé la prédominance d’une sélection partisane dans l’octroi des aides publiques destinées au secteur de l’artisanat au profit d’une seule couleur politique.

Afif a indiqué dans sa prise de parole qu’il fallait combattre ce clientéliste et profiteurs, ainsi que la corruption qui sévit dans plusieurs domaines. Elle estime que de nombreuses entreprises du secteur de l’économie sociale et des coopératives ont été créées principalement dans le but de bénéficier des rentes de soutien.

La députée a soutenu que les chiffres parlent d’eux-mêmes, puisque ces entreprises ne contribuent qu’à hauteur de 3% au produit intérieur brut alors que l’objectif affiché est de 7,3 %.

Dans le même cadre, elle a soutenu que plus de 80 % des travailleurs du secteur ne bénéficient pas de couverture médicale, s’interrogeant sur le devenir de l’agenda royal concernant ce secteur.

La députée a également pointé du doigt les dangers qui menacent les petites mains qui travaillent dans l’artisanat et qui sont peu à peu remplacées par des machines. La députée du PJD, a souligné à ce titre les difficultés des artisans face à la concurrence des machines et à la compétitivité du marché.

Sur ce sujet, elle a demandé des comptes sur les 34 milliards de dirhams alloués au label « Made in Morocco » ainsi que le bilan des programmes de préservation du patrimoine matériel du pays.

Afif a également lancé des critiques vis à vis de l’économie agricole solidaire qui aurait reculé au profit de l’agriculture destinées à l’exportation pour servir les intérêts d’une minorité.

Dans un contexte d’approche d’élections législatives, cette sortie du PJD s’inscrit dans une stratégie de reconquête de l’espace politique, après la lourde défaite électorale.

Ces critiques interviennent alors que le PJD a lui-même dirigé le gouvernement pendant près d’une décennie, période durant laquelle plusieurs des dysfonctionnements aujourd’hui dénoncés avaient déjà été pointés par ses adversaires.

Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc