L’Arabie Saoudite : un marché en expansion
Un marché des fruits et légumes en expansion en Arabie Saoudite, à surveiller pour les exportateurs marocains.
L’Arabie Saoudite apparaît aujourd’hui comme l’un des marchés les plus dynamiques du Moyen-Orient pour les produits agricoles, et plus particulièrement pour les fruits et légumes frais. Cette évolution s’appuie sur plusieurs tendances structurelles : une forte dépendance aux importations, une demande accrue liée à la croissance démographique, et des politiques nationales visant à sécuriser l’approvisionnement alimentaire. Pour le Maroc, déjà engagé sur de nombreux marchés internationaux, le Royaume saoudien représente un débouché à fort potentiel pour divers segments de la production horticole marocaine.
Le poids des importations saoudiennes dans le segment des fruits et légumes est significatif. Selon des données Euromonitor citées par des spécialistes de marché, près de 72,4 % des produits de ce secteur sont importés par l’Arabie Saoudite, ce qui positionne le pays au rang de grand importateur dans la région Moyen-Orient-Afrique. Cette situation s’explique par des facteurs climatiques limitant la production locale de certaines cultures, ainsi que par la demande croissante des consommateurs pour une diversité de produits frais tout au long de l’année.
Sur le plan macroéconomique, le marché des fruits et légumes saoudien est également en croissance. Selon une analyse de Mordor Intelligence, la valeur du marché est estimée à 7,53 milliards USD en 2026, avec une projection à plus de 10 milliards USD d’ici 2031, traduisant une croissance soutenue portée par la population et l’urbanisation. La même source souligne que les légumes détiennent une part majoritaire du marché saoudien, ce qui reflète une demande interne robuste.
Cette dépendance aux importations se manifeste aussi à travers des mouvements récents de commerce qui permettent de mesurer la place de l’Arabie Saoudite dans le commerce horticole régional. En 2025, l’Arabie Saoudite a importé 18 500 tonnes de pastèques égyptiennes pour près de 6,9 millions de dollars, un volume record, soit cinq fois plus que l’année précédente et 35 % au-dessus du record antérieur de 2023. Bien que l’Arabie Saoudite soit un grand producteur régional, elle maintient des importations importantes pour répondre à la demande pendant les pics saisonniers, notamment quand les températures dépassent systématiquement 45 °C en été, ce qui stimule la consommation de fruits très riches en eau.
Cette dynamique saoudienne est intéressante pour les filières marocaines parce qu’elle illustre un marché à la fois vaste, exigeant et ouvert à des origines extérieures capables de fournir des volumes consistants et des produits de qualité. Le Maroc, qui a développé des capacités d’exportation importantes dans les fruits et légumes — notamment dans les tomates, les agrumes ou les produits de contre-saison — possède des atouts logistiques et climatiques pour répondre à ce type de demande régionale.
Cependant, pénétrer ce marché ne se fait pas sans contraintes. L’Arabie Saoudite a renforcé ses cadres réglementaires, par exemple avec des nouvelles règles d’emballage et d’étiquetage pour les fruits et légumes, introduites en 2025 par le ministère de l’Environnement, de l’Eau et de l’Agriculture (MEWA). Ces mesures visent à améliorer la sécurité alimentaire, à renforcer la traçabilité des produits et à aligner le secteur sur les objectifs de durabilité inscrits dans la Vision 2030 du Royaume.
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Par ailleurs, les données de commerce international montrent que les importations totales de produits agricoles et agroalimentaires saoudiens restent massives, le solde commercial agricole étant déficitaire à hauteur de plus de 20 milliards d’euros en 2024, dont plusieurs milliards liés aux fruits et légumes. Ce déficit met en évidence la place centrale que tiennent les produits frais dans les échanges commerciaux saoudiens et souligne des opportunités potentielles pour les fournisseurs marocains, notamment dans les segments où les produits marocains bénéficient d’une forte réputation en matière de qualité et de fraîcheur.
Pour les acteurs marocains, comprendre les spécificités de la demande saoudienne — qui varie selon les régions du pays et les saisons — reste un préalable essentiel. La taille du territoire saoudien et les coûts logistiques associés renforcent l’importance de stratégies de distribution adaptées, de partenariats locaux solides et d’un respect rigoureux des normes phytosanitaires et d’emballage. C’est dans ce cadre que la filière marocaine peut envisager de consolider ou d’étendre ses positions, en s’appuyant sur la qualité de ses produits, sur une organisation logistique performante, et sur une connaissance approfondie des exigences du marché saoudien.
Source de l’article : AgriMaroc.ma



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