« Conseil de paix » de Donald Trump: pourquoi la France « n’entend pas donner de suite favorable » à ce stade
« À ce stade, la France ne peut donner suite » , a annoncé dans la soirée du lundi 19 janvier le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot lors d’un débat avec les députés français. « Elle se doit de dire non puisqu’en l’état, la charte de ce » Board of Peace « dépasse le cadre de Gaza et donc du plan de paix qui avait été endossé par les Nations unies » , a-t-il justifié. « Et parce que la charte, dans sa rédaction actuelle, est en réalité incompatible avec les engagements internationaux de la France et en particulier son adhésion aux Nations unies, qui ne saurait en aucun cas évidemment être remise en cause » , a-t-il ajouté.
Une charte qui dépasse « le seul cadre de Gaza » Dans un discours devant l’Académie des sciences morales et politiques ce même lundi, Jean-Noël Barrot avait estimé que ce « Conseil de paix » était « très loin de la Charte des Nations unies » . Il y a vu une nouvelle illustration de la politique internationale menée par les États-Unis, engagés selon lui avec la Chine dans un « duopole » mondial.
Chacun de ces deux pays « développe une vision alternative à celle de la Charte (des Nations unies) pour ériger un ordre international nouveau au sein duquel il jouerait le premier rôle » , a-t-il estimé, évoquant également l’Initiative pour la gouvernance mondiale soutenue par Pékin.
La « charte » de cette initiative « dépasse le seul cadre de Gaza » , contrairement aux attentes initiales, avait expliqué plus tôt à l’AFP l’entourage du président français. « Elle soulève des questions majeures, en particulier quant au respect des principes et de la structure des Nations unies, qui ne sauraient en aucun cas être remis en cause » , avait-on ajouté de même source, plaidant pour un « multilatéralisme efficace » .
Un « Conseil de paix » présidé par Donald Trump, avec de vastes pouvoirs octroyés
Condamnant des « approches et institutions qui ont trop souvent échoué » dans une allusion claire aux Nations unies, la « charte » appelle en effet à avoir « le courage » de s’en « écarter » et apparaît se proposer comme alternative. Le « Conseil de paix » de Donald Trump s’octroie ainsi la mission de « promouvoir la stabilité » dans le monde, selon ce document de huit pages consulté par l’AFP et qui a été envoyé à des pays invités.
La création de cet organe prévu par le plan de paix de Trump pour Gaza avait pourtant été endossée par le Conseil de sécurité des Nations unies, mais « strictement à cette fin » , a rappelé lundi Farhan Haq, l’un des porte-parole du chef de l’ONU.
Selon les détails de la « charte » , Donald Trump présidera ce nouveau Conseil et disposera de vastes pouvoirs. À ses côtés figureraient son émissaire spécial pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, son gendre et médiateur officieux Jared Kushner, ainsi que son secrétaire d’État Marco Rubio. Les États membres exerceront eux un mandat « d’une durée maximale de trois ans (…) renouvelables par le président » , à moins qu’ils ne versent « plus d’un milliard de dollars au comptant au Conseil de paix au cours de la première année suivant l’entrée en vigueur de la Charte » , précise le texte.
Ces pays invités à participer au « Conseil de paix » Plusieurs pays ou dirigeants ont annoncé ces derniers jours avoir été invités à rejoindre ce nouveau « Conseil » , sans nécessairement dévoiler leur intention d’y répondre positivement ou pas. Parmi eux figurent le président russe Vladimir Poutine, son homologue argentin Javier Milei ou encore le Premier ministre hongrois Viktor Orban, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, du président turc Recep Tayyip Erdogan, du président chypriote, ainsi que des Premiers ministres indien, pakistanais et albanais.
Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, figure également parmi les dirigeants conviés. Même chose pour le roi de Jordanie, Abdallah II, le président roumain Nicusor Dan, le président du Paraguay Santiago Peña, ou encore la Première ministre italienne Giorgia Meloni.
Le roi du Maroc, Mohammed VI, a quant à lui accepté l’invitation du président américain, Donald Trump, à rejoindre son « Conseil de paix » en tant que « membre fondateur » , a annoncé la diplomatie marocaine.
Le Canada dit qu’il « ne paiera pas pour un siège » au « Conseil de la paix » de Donald Trump, a indiqué lundi une source au sein de son gouvernement, en réaffirmant toutefois l’ « intention » du Premier ministre canadien Mark Carney « d’accepter l’invitation. »
Source de l’article : RFI



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