Automobile : les équipementiers demandent plus de contenu local pour les véhicules électriques

Trois grands équipementiers français, Valeo, Forvia et OPmobility, ont demandé lundi à l’Union européenne d’imposer un minimum de 75 % de contenu local aux véhicules électriques produits en Europe, à dix jours d’annonces de la Commission sur le sujet. « Partout dans le monde, les industries automobiles concurrentes à celle de l’Union européenne sont soutenues et protégées par des mesures spécifiques, notamment en Amérique du Nord et en Asie » , font valoir leurs trois directeurs généraux, dans une tribune publiée par « Les Échos » .

Pour y répondre, l’UE doit adopter « des règles de contenu local suffisantes pour inciter les entreprises qui souhaitent vendre des véhicules dans l’Union européenne à les assembler sur place avec des composants européens » , réclament Félicie Burelle (directrice générale d’OPmobility), Martin Fischer (directeur général de Forvia) et Christophe Périllat (directeur général de Valeo). « Aujourd’hui, 75 % de la valeur des composants, hors batterie, d’un véhicule vendu en Europe est produite en Europe » , rappellent les groupes, qui prônent « de sécuriser ce seuil minimal […] pour les composants, hors batteries, pour tous les véhicules, quelle que soit leur motorisation, et non seulement pour les véhicules électriques » .

Arme protectionniste

Cette préférence européenne doit selon eux se limiter aux 27 pays de l’UE, car « inclure les pays partenaires commerciaux privilégiés de l’Union risquerait de rendre le dispositif inopérant » . Allusion à des pays comme la Turquie et le Maroc, où des constructeurs comme Renault et Stellantis font fabriquer des modèles vendus en Europe. Ils demandent aussi « un traitement spécifique pour les batteries » , qui représentent jusqu’à 50 % de la valeur d’un véhicule électrique, afin d’éviter qu’un taux uniforme ne « concentre les efforts sur cette partie, au détriment du reste du tissu industriel » .

Les constructeurs français ne sont pas tous sur la même ligne : Renault défend un contenu local de 60 % sur la moyenne des véhicules vendus, y compris thermiques, quand Stellantis dit « soutenir fermement les exigences de l’UE en matière de contenu local » sans donner de chiffre. Idem pour l’équipementier Michelin, « favorable à des mesures de contenu local à condition qu’elles ne compromettent pas l’innovation en créant des rentes de situation » , sans citer d’objectif chiffré. La Commission européenne doit annoncer le 29 janvier, dans un texte sur « l’accélérateur industriel » , un taux de contenu local minimum pour les véhicules produits en Europe ainsi que son mode de calcul. Il conditionnerait les bonus à l’achat des États-membres. Cette arme protectionniste s’ajoutera aux lourdes taxes douanières imposées depuis 2024 par l’UE aux voitures électriques chinoises.

Source de l’article : Sud Ouest

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