Un historien tunisien affirme que Tunis était historiquement aux côtés du Maroc
L’historien tunisien, Abdelkader Laaribi, a indiqué que les événements de Gafsa de 1980 en Tunisie ont été instrumentalisés par la Libye, l’Algérie et le polisario qui avaient conspiré contre Tunis. Il estime que l’accueil du chef du groupe séparatiste polisario par le président tunisien, Kais Saied, a été une erreur.
L’historien spécialisé en histoire politique et diplomatique ainsi qu’en histoire des relations internationales, est revenu sur ces événements dans un entretien accordé à la chaine Al Katiba. Il y détaille comment le Maghreb était divisé entre la Tunisie et la Mauritanie qui soutenaient le Maroc, et l’Algérie et la Libye avec l’aide du mouvement séparatiste polisario, qui étaient contre dans le dossier du Sahara.
Laaribi rappelle à ce titre, que lors des événements de Gafsa dans la nuit du 27 janvier 1980, « les armes introduites en Tunisie ont été sécurisées par des éléments du front polisario via l’Algérie » .
Il explique que « la Libye est celle qui a armé le commando ayant tenté d’occuper Gafsa, tandis que l’Algérie a fourni le soutien logistique et la couverture politique à ces événements, et que le polisario considérait que la Tunisie menait une politique contraire à sa revendication d’instaurer la République sahraouie » .
Selon lui, les motivations des événements de Gafsa, du point de vue du régime libyen, « étaient claires » , il fallait renverser le régime de Habib Bourguiba. Quant à l’Algérie, les raisons de son implication découlaient essentiellement de la position tunisienne sur la question du Sahara.
Il indique que l’ancien président algérien « Boumédiène n’ayant pas voulu pardonner à Bourguiba son soutien à la thèse marocaine, tandis que le polisario visait tous ceux qui rejetaient son projet de création d’un État indépendant dans le Sahara » .
Il apparait ainsi qu’historiquement la Tunisie n’a jamais été du côté de l’Algérie et du polisario, dans leur quête de division du Maroc, et que Tunis était une alliée de Rabat. L’historien a confirmé en outre, que le Maroc avait fortement soutenu Habib Bourguiba lors des événements de Gafsa, notant que les fomenteurs de ces troubles n’ont pas réussi à atteindre leurs objectifs.
Le même historien a déclaré: « Nous assistons aujourd’hui à une alliance affichée dans le discours politique entre les régimes tunisien et algérien, avec le front polisario, contre l’alliance maroco-mauritanienne » .
Pour lui, « l’accueil de Brahim Ghali en Tunisie est un événement qui n’aurait pas dû se produire à l’origine, car même si l’on suppose que la Tunisie s’est alignée sur l’Algérie, cette question est controversée ; pourquoi donc annoncer publiquement cette alliance ? » , s’est-il demandé.
Concernant la question du Sahara, il a estimé qu’elle est en voie de règlement après le vote du Conseil de sécurité des Nations unies en faveur d’une résolution adoptant l’autonomie. Il rappelle que « sans le soutien algérien au front polisario, ce dossier aurait été tranché depuis des décennies » , notant que le Maroc contrôle tout le territoire du Sahara.
Regrettant la position du président tunisien Kais Saied, qui a porté un coup aux relations entre son pays et le Maroc, l’historien a estimé que « la Tunisie, qui a accueilli Ghali, se trouve aujourd’hui en difficulté face à l’adoption de la résolution du Conseil de sécurité et y a perdu, car les positions ont un prix en politique, et accepter d’accueillir Ghali alors que le dossier du Sahara demeure épineux coûtera certainement cher au pays » .
Et pour ce qui est de l’Algérie, l’historien a rappelé que ce pays est habitué à prendre des territoires de ses pays voisins, notamment la Tunisie. « Habib Bourguiba a renoncé à une partie du territoire tunisien, à savoir le Sahara oriental, au profit de l’Algérie, à travers un accord prévoyant des compensations fournies par la partie algérienne en échange de l’abandon par la Tunisie de ses revendications sur une partie de ses terres historiques et juridiques » , a-t-il déclaré.
Cette cession était contrainte, indique-t-il, car Bourguiba avait concentré son projet sur l’intérieur tunisien, et voulait éviter les problèmes avois les pays voisins comme l’Algérie et la Libye qui était devenue puissante après l’arrivée au pouvoir de Kadhafi.
Selon lui dans le conflit autour du Sahara, « l’Algérie a hérité de plusieurs différends frontaliers et a voulu faire de l’accord avec la Tunisie un modèle à suivre pour le règlement de ses autres litiges avec ses voisins, y compris le Maroc » .
Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc



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