Traitement des déchets verts issus des jardins à Marrakech

Face à l’augmentation continue des déchets verts et à la saturation progressive des décharges, Marrakech s’engage dans l’élaboration d’un schéma directeur dédié à leur gestion durable. Inscrite dans le cadre du projet Marrakech, ville durable, cette initiative stratégique vise à transformer les résidus végétaux en une véritable ressource, à la fois économique et environnementale, tout en contribuant à la résilience climatique de la cité ocre.

Ville-jardin par excellence, Marrakech génère chaque année des volumes importants de déchets verts issus des parcs et jardins, de la voirie, des établissements hôteliers et des zones résidentielles. Faute de filières de valorisation adaptées, ces résidus sont aujourd’hui majoritairement dirigés vers les décharges, accentuant leur saturation et limitant le développement d’une économie circulaire locale.

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Porté par le département de la Transition énergétique et du Développement durable, avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et en partenariat avec la Commune de Marrakech, le projet s’inscrit dans le Sustainable cities impact program du Fonds pour l’environnement mondial. Il ambitionne de faire de Marrakech un modèle de résilience urbaine, conciliant planification territoriale, innovation financière et développement sobre en carbone.

Transformer les déchets verts en ressource économique

L’étude prévue, qui sera confiée à un bureau d’études techniques spécialisé, a pour objectif d’élaborer un schéma directeur à l’échelle de la ville. Il s’agira de repositionner les déchets verts comme une ressource valorisable, notamment à travers la production de compost, de fertilisants organiques ou d’autres solutions adaptées au contexte local.

La démarche sera articulée autour de trois missions complémentaires. La première portera sur un diagnostic approfondi du gisement de déchets verts à Marrakech, grâce à une analyse du cadre réglementaire et institutionnel, une cartographie des acteurs, une quantification et une caractérisation des flux, ainsi qu’à une évaluation des pratiques actuelles et de leurs impacts. Une analyse stratégique de type SWOT viendra identifier les forces, faiblesses, opportunités et contraintes du futur dispositif.

Des scénarios de valorisation passés au crible

La deuxième mission consistera à étudier et comparer différents scénarios de valorisation. Ceux-ci couvriront l’ensemble de la chaîne, de la pré-collecte et du tri à la source jusqu’à la valorisation in situ ou sur des plateformes centralisées. Chaque option sera évaluée selon des critères techniques, économiques, environnementaux et sociaux, en intégrant les enjeux de gouvernance, de création d’emplois verts et de participation des acteurs locaux.

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Sur la base du scénario retenu, la troisième mission portera sur l’élaboration d’une étude technico-financière détaillée et la préparation d’un dossier d’appel d’offres. Cette phase permettra de dimensionner les installations, d’estimer les coûts d’investissement et d’exploitation, d’analyser les modèles de financement et d’évaluer les revenus potentiels issus de la valorisation. Les impacts environnementaux et climatiques, notamment la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la préservation des sols, seront également pris en compte.

Emplois verts, inclusion et gouvernance participative

Au-delà des aspects techniques, le projet accorde une importance particulière aux dimensions sociales et de gouvernance. Il ambitionne de favoriser la création d’emplois verts, l’inclusion des femmes et du secteur informel, ainsi que l’adhésion des citoyens à travers des actions de sensibilisation et de concertation. L’objectif est de mettre en place une filière performante, durable et réplicable, en phase avec les priorités nationales en matière d’économie circulaire et de lutte contre le changement climatique.

À travers ce schéma directeur, Marrakech affirme sa volonté de structurer une gestion innovante des déchets verts, capable de renforcer sa résilience urbaine tout en créant de la valeur environnementale et économique. Un projet structurant qui s’inscrit pleinement dans la vision d’une ville durable, inclusive et résolument tournée vers l’avenir.

Source de l’article : Lebrief

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