Le Maroc et la Suisse lancent un mécanisme de coopération climatique
Le Maroc et la Suisse s’apprêtent à entrer dans la phase opérationnelle de l’un de leurs projets climatiques les plus aboutis, avec le démarrage prévu en ce mois de janvier du programme Solar Rooftop 500. Soutenue par un mécanisme international encore peu utilisé, cette initiative combine transition énergétique, financement innovant et coopération bilatérale.
Après son lancement officiel le 12 décembre par les autorités marocaines et suisses, le programme Solar Rooftop 500, ou SR500, attend la finalisation des derniers réglages techniques entre son gestionnaire et les établissements bancaires marocains chargés de déployer les financements dédiés, rapporte L’Economiste. Ce dispositif marque une première pour le Maroc dans le cadre de l’article 6.2 de l’Accord de Paris, qui autorise les États à coopérer par le transfert international de réductions d’émissions de gaz à effet de serre.
Concrètement, la Suisse financera le déploiement d’installations photovoltaïques en toiture sur le territoire marocain, tandis que les réductions d’émissions générées seront comptabilisées dans la contribution climatique nationale helvétique. Cette autorisation place le Maroc parmi un cercle très restreint de pays engagés dans ce type de coopération, en faisant le troisième au niveau mondial, le deuxième en Afrique et le premier dans la région MENA à opérationnaliser un projet relevant de cet article.
L’objectif affiché est d’atteindre 500 mégawatts de capacité solaire installée d’ici 2030, exclusivement sur les toitures de bâtiments à usage commercial et industriel. Chaque installation devra rester en deçà de trois mégawatts, être raccordée au réseau national et implantée sur des structures existantes. À terme, le programme pourrait se traduire par plusieurs centaines de projets répartis sur l’ensemble du territoire, contribuant à structurer un segment décentralisé mais normalisé du marché solaire.
Au-delà de son impact environnemental, SR500 est présenté comme un levier économique significatif. Selon L’Economiste, il pourrait générer environ 15 000 emplois directs et indirects, principalement dans les activités d’installation, d’exploitation et de maintenance. Les entreprises participantes pourraient, quant à elles, réduire leur facture d’électricité de 25 à 40 %, un allègement susceptible d’améliorer leur compétitivité et de renforcer leur capacité d’investissement, notamment dans les secteurs industriels énergivores.
Le montage financier repose sur une enveloppe de 500 millions de dollars, soit près de 5 milliards de dirhams, mobilisée par la fondation climatique suisse KliK. Les fonds seront distribués via les banques marocaines, qui financeront les entreprises éligibles. Un bonus carbone, indexé sur la valeur des émissions évitées, pourrait couvrir jusqu’à 25 % du coût des installations, rendant le dispositif plus accessible aux PME.
Pour être éligibles, les projets devront être nouveaux, sans bénéficier d’autres aides financières, et respecter des exigences strictes en matière de suivi, de reporting et de vérification. La gestion du programme est assurée par AfricaClimate Solutions, en charge du cadre de mise en œuvre et de la traçabilité des réductions d’émissions, dans un contexte aligné avec la stratégie énergétique nationale visant plus de 52 % de capacités renouvelables à l’horizon 2030.
Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc



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