Algérie-Maroc : « Les jeunes générations ont été élevées dans le ressentiment et l’ignorance »
De sa terrasse, au cinquième étage de son immeuble, Mohamed Senoussaoui aperçoit au loin la silhouette de plusieurs minarets de Casablanca. Mais s’il ferme les yeux, ce retraité de 85 ans peut se croire à Alger. Dans son appartement, l’écran géant du salon est branché en continu sur la chaîne publique algérienne.
Né côté marocain, à Oujda, non loin de la frontière, M. Senoussaoui a combattu la France lors de la guerre de libération (1954-1962) avant de s’installer à Alger, au lendemain de l’indépendance. Déçu par les dirigeants de l’époque, il est parti tenter sa chance à « Casa » , en 1974, avec son épouse Zoulikha. « Nous y avons élevé nos trois enfants. Si nous sommes encore là, c’est que nous sommes heureux ici » , assure-t-il.
Comme ses compatriotes, l’ancien moudjahid ( « combattant » ) a suivi le parcours de l’équipe algérienne pendant la Coupe d’Afrique des nations (CAN), qui s’achève dimanche 18 janvier à Rabat. Les Fennecs au Maroc ? Le déplacement était chargé de symboles, dans un contexte de rivalité exacerbée. La frontière terrestre entre les deux pays est fermée depuis 1994 et les relations diplomatiques ont été rompues en 2021. Les avions marocains n’ont plus le droit de survoler l’espace aérien algérien. Par ailleurs, la normalisation, en 2020, des relations entre le Maroc et Israël – qu’Alger ne reconnaît pas –, a suscité la défiance du pouvoir algérien, qui impose, depuis 2024, un visa aux Marocains.
Source de l’article : Le Monde.fr


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