Un cru « exceptionnel » en 2025 pour le port de commerce de Sète, la pêche et la plaisance terminent l’année dans le vert

On n’arrête plus la progression de l’activité commerciale du port de Sète, qui vient de battre un onzième record consécutif de trafic maritime commercial en 2025 avec 6 millions de tonnes transportées (contre 3 millions en 2008). « Malgré une conjoncture morose […] notre port se développe et nos trois principales activités commerce, pêche et plaisance, ont terminé l’année dans le vert » , annoncé le président de l’EPR Port Sud de France, Philippe Malagola, lors des voeux du port jeudi 15 janvier au quai du Maroc. « Sète est un port exemplaire en termes de perspective et de développement, au cœur de l’action régionale » , notamment en matière d’objectifs d’intermodalité fixé à 40 000 semi-remorques acheminées en train vers Calais contre 15 000 aujourd’hui, a insisté Didier Codorniou, vice-président de la Région Occitanie (délégué à la mer) qui vient de prolonger le contrat de gestion de l’EPR jusqu’en 2040. Les deux hommes aux côtés du directeur de l’EPR, Olivier Carmes, sont revenus sur les réussites de 2025 et les ambitions du futur plan stratégique 2026-2030.

1. Des résultats en hausse tirés par l’activité commerce

L’année 2025 s’est donc achevée sur une hausse globale du chiffre d’affaires de 12 %, soit 32,90 M€, dépassant de 5 % l’objectif fixé. « On a mis 3 ans à dépasser les 5 millions de tonnes (contre neuf pour dépasser les 3 millions), on espère désormais continuer sur cette lancée » , a souligné Olivier Carmes, graphiques à l’appui. Parmi les secteurs en dynamique, les marchandises avec 6 millions de tonnes manutentionnées (plus 13,5 %). Le trafic des semi-remorques continue d’augmenter à travers les six escales hebdomadaires DFDS avec la Turquie (2 % de plus pour 133 000 unités). Il n’y aura pas de 7e liaison pour le moment compte-tenu d’une nouvelle concurrence avec l’opérateur UGR RoRo qui lance une ligne Marseille-Turquie. Le segment des véhicules neufs lui a reculé de 10 %.

Le trafic de clinker (ciment) a redémarré (370 000 tonnes en 2025 plus 40 % grâce au développement des clients régionaux et à la nouvelle trémie dépoussièrante qui permet de traiter des navires de plus grande capacité. Depuis 2025, le terminal frigorifique (parc Reefer) bénéficie d’une ligne régulière d’import de fruits et légumes via l’opérateur Primever et des navires affrétés par MSC. L’éolien a également connu une belle progression avec 800 colis manutentionnés, le double de l’an dernier.

2. La barre des 300 000 passagers

Le port enregistre un bon de la fréquentation des passagers, en particulier pour le trafic ferry. 320 000 personnes ont transité à Sète pour la partie ferry, soit un bond de 44 %. « Il y a six ans nous n’avions qu’une seule compagnie, nous en avons quatre aujourd’hui » , se réjouit Olivier Carmes. Avec une prédominance du pavillon italien GNV, sur le Maroc (155 000 passagers et 155 escales) et l’Algérie, face notamment à Corsica Linea. Côté croisière, Sète quine souhaite accueillir que les navires de moins de 240 m (600 passagers de moyenne contre 1 700 précédemment), a atteint les 35 000 passagers avec 60 escales. Une stratégie visant également à décarboner les escales avec le positionnement de ces navires sur des quais équipés en branchements électriques.

4. La pêche résiste

Le port de pêche résiste malgré la réduction drastique de la flotte et des apports (1500 tonnes) avec un chiffre d’affaires en hausse de 5,2 % (2,7M€). La criée connaît un regain du côté des volumes de thon rouge (19 tonnes en 2025 contre 1 tonne en 2024). Un prix moyen de vente en hausse et de nouveaux services comme la vente de glace, le reconditionnement en caisse polystyrènes et la location de bacs ont tiré les résultats vers le haut (+ 4 % de chiffre d’affaires). Côté port de plaisance, avec 2,9 M€, en hausse de 4,7 %, l’activité est saine avec le nombre d’escales courte durée en hausse et un projet de refonte de la halle nautique (144 postes d’amarrage, 700 000 €) et des nouveaux sanitaires à la clé en 2026.

L’activité carénage se porte bien avec un chiffre d’affaires en hausse de 7 %. La zone halieutique de Frontignan est également attractive (+ 36 % de chiffre d’affaires) avec l’implantation d’activités logistiques pour la filière pêche comme ceux de la STEF, récemment.

3. Investissements pour la décarbonation « En 2025, le port a franchi des étapes majeures de son histoire avec de nouvelles infrastructures dédiées à la transition énergétique » , a résumé Philippe Malagola, avec l’ambition de faire de Sète « le meilleur maillon de la chaîne logistique de Méditerranée » . Le vice-président Didier Cordorniou a remis en mémoire les 600 M€ investis depuis 2008 dont la moitié en fonds publics sur un port qui emploie aujourd’hui 2 300 personnes. Parmi les réalisations qui vont accélérer le développement, la nouvelle plateforme ferroviaire (VIIA) inaugurée en fin d’année (20 M€ dont 4 pour le port) destiné à tripler le nombre de semi-remorques et conteneurs transportés par an entre Sète et Calais, passant de 15 000 à 40 000, les branchements à quai (premier bateau opérationnel), la drague hydromer (29 millions d’euros financés à plus de 85 % par la Région), ou encore le terminal frigo (1,6M€). Le déploiement de caméras et de contrôle d’accès sur les trois ports, a démarré 1,2M€ d’ici 2026. Les travaux d’installation des ombrières photovoltaïques seront lancés en 2026 sur 8000 m2 à l’arrière du quai G pour 2,3M€.

Source de l’article : Midi Libre