CAN 2025 – Maroc vs Sénégal : la finale d’une génération, l’analyse de Khalid Raghib
Dimanche soir, Rabat sera le théâtre d’un sommet africain. Le Maroc et le Sénégal s’y disputeront la Coupe d’Afrique des nations 2025, dans une finale inédite entre deux sélections arrivées à maturité, portées par des projets solides et des ambitions assumées. Plus qu’un match, c’est une confrontation de styles, d’histoires et de caractères qui se jouera, sous la pression du public et du temps long.
Sénégal – Maroc : les compos probables avant le choc
À cette occasion, Africafoot a sollicité l’ancien international marocain Khalid Raghib pour livrer une lecture tactique approfondie de ce rendez-vous continental, loin des slogans et des émotions immédiates.
Le poids du contexte : une finale qui se joue aussi contre l’histoire
Pour Khalid Raghib, le décor n’est jamais neutre dans une finale africaine. Il rappelle :
Le Sénégal traîne une vraie difficulté lorsqu’il affronte le pays organisateur dans les matchs à élimination directe.
Il égrène les précédents : l’Algérie en 1990, le Nigeria à Lagos en 2000, la Tunisie en 2004, l’Égypte en 2006, puis la Côte d’Ivoire lors de la dernière CAN. Il ajoute :
Ce n’est pas une fatalité, mais c’est une donnée psychologique réelle. Dans une finale, ce genre de détail peut peser lourd.
Le Maroc : équilibre, continuité et maturité
Sur le plan strictement technique, Raghib voit dans le parcours marocain une logique de progression :
Le Maroc arrive en finale avec une dynamique claire. Contre le Nigeria, l’équipe n’a pas paniqué. Elle a accepté le rapport de force et géré les temps faibles avec beaucoup de maturité.
Sénégal – Maroc : heure, chaîne et où regarder le match
Il insiste sur un point central :
Ce Maroc n’est pas une équipe d’esthétique. C’est une équipe d’équilibre. Elle ne confond pas possession et domination. Elle sait fermer l’axe, protéger sa défense, puis accélérer quand le moment est juste.
Le Sénégal : réalisme et transitions maîtrisées
Face à ce Maroc structuré, Khalid Raghib décrit un Sénégal fidèle à son identité :
Le Sénégal est une équipe pragmatique. Elle peut laisser le ballon sans se désorganiser. Elle attend l’erreur et frappe au bon moment.
La demi-finale face à l’Égypte en est, selon lui, l’illustration parfaite :
Ils n’ont pas multiplié les occasions, mais ils ont su rester calmes, patients et efficaces. C’est une équipe qui n’a pas besoin de dix situations pour marquer.
Le point tactique clé : les couloirs
Pour Raghib, la finale pourrait basculer sur les ailes :
Le Maroc cherchera naturellement à créer le surnombre sur les côtés, avec des latéraux très hauts et des ailiers capables d’attaquer les demi-espaces.
Mais il met immédiatement en garde :
Le danger, c’est la transition. À la perte du ballon, si le repli n’est pas immédiat, le Sénégal peut faire très mal, surtout dans le dos du latéral avancé. « Le vainqueur méritera son titre » : Ferdinand Coly évoque la finale de la CAN 2025 Maroc vs Sénégal
La solution marocaine est claire à ses yeux :
Il faudra une protection permanente : un milieu sentinelle discipliné, des montées asymétriques et une réaction rapide après chaque perte de balle.
Les absences sénégalaises : un levier potentiel
Khalid Raghib accorde une grande importance aux absences côté sénégalais :
Sans Kalidou Koulibaly, la défense perd son leader naturel. C’est lui qui organise, qui rassure, surtout dans les ballons aériens.
Il ajoute :
L’absence de Habib Diarra enlève aussi de l’équilibre au milieu. Cela peut offrir au Maroc une zone de contrôle entre le milieu sénégalais et sa défense.
Où le Maroc peut faire la différence ?
L’ancien international identifie trois axes majeurs :
Les coups de pied arrêtés seront importants. Sans Koulibaly, le Sénégal est plus vulnérable.
Le jeu entre les lignes peut forcer les défenseurs à sortir de leur zone.
Et les frappes de seconde ligne peuvent surprendre un bloc souvent très compact.
Une finale qui se jouera sur des détails
Raghib reste toutefois mesuré :
Une finale africaine ne se gagne jamais sur le papier. Elle se joue sur la concentration, la patience, parfois même sur la chance.
Il conclut avec une conviction personnelle :
Si le Maroc garde son équilibre et ne se découvre pas, il a une vraie carte à jouer. Mais si le match s’ouvre et devient une affaire de transitions, le Sénégal restera extrêmement dangereux.
Le pronostic de Khalid Raghib :
Je crois à une victoire marocaine 2-1, au terme d’un match serré et longtemps indécis.
Une analyse posée et structurée, qui replace cette finale Maroc–Sénégal dans sa véritable dimension : celle d’un duel de maturité, de lucidité tactique et de gestion émotionnelle, bien plus que d’un simple affrontement de talents.
Source de l’article : AfricaFoot



Laisser un commentaire