Changement climatique : 68 % des Marocains exigent une action immédiate du gouvernement
Face à l’intensification des effets du changement climatique, une large majorité de Marocains exprime une attente claire à l’égard des pouvoirs publics. Selon une enquête récemment publiée par le réseau de recherche Afrobarometer, 68 % des personnes interrogées estiment que le gouvernement doit engager des mesures immédiates pour freiner le dérèglement climatique, « même si cela s’avère coûteux ou entraîne des pertes d’emplois ou d’autres dommages pour notre économie » .
Cette exigence d’action s’accompagne d’une lecture largement partagée des responsabilités à l’échelle internationale. La majorité des participants au sondage, conduit par le réseau spécialisé dans les enquêtes d’opinion sur le continent africain, désigne en effet les pays riches comme porteurs de la « responsabilité principale » dans la lutte contre le changement climatique.
Dans le détail, 59 % des 1.200 Marocains et Marocaines interrogés déclarent considérer que « les pays riches ou développés portent la responsabilité principale de la limitation du changement climatique » . Une perception renforcée par l’urgence ressentie : 88 % des participants à l’enquête, menée en février 2024, estiment que ces pays doivent agir « dès maintenant » pour combattre le dérèglement climatique. Parallèlement, 90 % des répondants jugent que les pays développés doivent fournir une aide climatique au Maroc.
Les résultats de l’enquête mettent également en lumière un fort soutien de l’opinion publique aux politiques nationales visant à répondre aux défis climatiques. Une large majorité des sondés appuie ainsi les initiatives consistant à faire pression sur les pays développés afin d’obtenir une assistance (92 %), à investir dans des infrastructures résilientes face aux aléas climatiques (91 %), ou encore à imposer l’utilisation de fours fonctionnant avec des combustibles plus propres (77 %). L’interdiction de l’abattage des arbres destinés au bois de chauffage ou à la production de charbon de bois recueille également un large assentiment, avec 70 % de soutien.
Au-delà des politiques publiques nationales, les Marocains interrogés situent largement la responsabilité du changement climatique hors de leurs frontières. 77 % de l’ensemble des participants à l’enquête Afrobarometer estiment que les individus, les entreprises et les gouvernements d’autres régions du monde sont les principaux responsables du phénomène.
Quant aux causes du dérèglement climatique, les perceptions restent nuancées. Selon les résultats du sondage, 38 % des personnes interrogées attribuent le changement climatique principalement à l’activité humaine, tandis que 43 % estiment que la responsabilité est partagée entre l’action humaine et les processus naturels.
Ces positions s’ancrent dans une expérience directe des conséquences climatiques. La majorité des Marocains interrogés affirme en effet que les épisodes de sécheresse, cités par 86 % des participants, ainsi que la baisse des rendements agricoles (65 %), se sont aggravés dans leurs régions de résidence au cours des dix dernières années.
Cette dégradation progressive du cadre de vie se reflète dans l’évolution des perceptions. 76 % des répondants déclarant être informés sur le changement climatique estiment que celui-ci rend la vie au Maroc « de plus en plus difficile » , contre 49 % en 2018, marquant une hausse significative en l’espace de quelques années.
Confrontés à ces mutations, de nombreux Marocains affirment être contraints d’adapter leurs pratiques quotidiennes. 47 % des personnes interrogées déclarent avoir modifié leur mode de vie, principalement en réduisant leur consommation d’eau ou en changeant leurs sources d’approvisionnement. 36 % indiquent avoir changé les types de cultures qu’ils pratiquent ou les aliments qu’ils consomment. Parmi les répondants possédant du bétail, 39 % affirment être contraints de réduire la taille de leur cheptel ou de modifier leurs pratiques de pâturage.
Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc



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