Belgique: hausse marquée des expulsions depuis les prisons grâce à la coopération marocaine
La Belgique a enregistré une hausse significative des expulsions de migrants en situation irrégulière condamnés pour des faits criminels, avec une augmentation de 25 % au cours de l’année écoulée, a annoncé la ministre belge de l’Asile, de la Migration et de l’Intégration. Celle-ci a salué le rôle central de la coopération avec le Maroc dans l’obtention de ces résultats.
En 2025, un quart de ressortissants étrangers en situation irrégulière ont été renvoyés vers leur pays d’origine directement depuis les prisons belges. Il s’agit de personnes condamnées pour des infractions pénales qui, après avoir purgé leur peine, font l’objet d’une mesure d’éloignement. Une procédure souvent complexe, dans la mesure où elle dépend étroitement de la coopération des pays d’origine.
Amélioration de la collaboration avec le Maroc
Selon les médias belges, la collaboration avec le Maroc s’est toutefois nettement renforcée, a souligné la ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt.
Les chiffres relatifs au retour des étrangers incarcérés en situation irrégulière ont ainsi progressé de 25 % l’an dernier, atteignant leur niveau le plus élevé des sept dernières années, a-t-elle indiqué lors de l’émission De Ochtend sur Radio 1.
Selon les mêmes sources, le retour des personnes condamnées pénalement et dépourvues de titre de séjour valable constitue une priorité constante des gouvernements successifs. À titre de comparaison, 1 602 personnes avaient été expulsées depuis les prisons en 2018 après avoir purgé leur peine.
En 2024, l’Office des étrangers a procédé à 1 261 expulsions de personnes condamnées. En 2025, ce chiffre est remonté à 1 575, confirmant une nette reprise de la politique de retour.
La ministre rappelle toutefois que ces expulsions ne sont ni automatiques ni simples. « Certains pensent qu’il suffit de mettre tout le monde dans un avion, mais la réalité est bien plus complexe » , explique-t-elle, insistant sur le caractère indispensable de la coopération des pays d’origine.
Les trois principales nationalités concernées parmi les détenus sans titre de séjour sont les Marocains, les Algériens et les Néerlandais. « Nous constatons aujourd’hui que la coopération avec le Maroc pour le retour de ses ressortissants en séjour illégal se déroule très bien » , précise Anneleen Van Bossuyt.
Une approche fondée sur le principe du « donnant-donnant » Cette évolution positive est le fruit d’une approche dite « Whole of Government » , impliquant l’ensemble des ministres du gouvernement fédéral. « Il s’agit d’une politique du donnant-donnant » , explique la ministre.
Cette stratégie englobe non seulement la coopération économique, mais aussi certaines concessions en matière de politique des visas, dans le cadre plus large d’échanges diplomatiques. Le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot (Les Engagés), y joue un rôle déterminant.
Cette logique dépasse les seuls accords commerciaux ou migratoires. En octobre 2025, la Belgique a, à l’instar de nombreux autres pays, soutenu le plan marocain d’autonomie pour le Sahara marocain, un positionnement diplomatique ayant contribué à renforcer la bonne volonté du Maroc à reprendre ses ressortissants condamnés en Belgique.
Des coopérations plus sensibles avec d’autres pays
La Belgique entretient par ailleurs des accords de retour avec plusieurs pays, lesquels améliorent généralement la coopération, bien qu’ils doivent être régulièrement renouvelés. Plus controversée, la ministre Van Bossuyt n’exclut pas un dialogue avec les autorités talibanes en Afghanistan, à l’image de démarches similaires engagées par l’Allemagne.
Lire aussi: Sahara marocain: nouvelle position et engagement de la Belgique « De nombreux Afghans séjournent illégalement en Belgique. Une coopération avec les autorités locales est donc nécessaire » , a-t-elle déclaré, ajoutant compter sur une initiative européenne, déjà soutenue par 20 États membres.
Enfin, interrogée sur les retours de personnes sans titre de séjour n’ayant pas commis d’infractions pénales, la ministre a indiqué qu’une communication spécifique aurait lieu lors d’une conférence de presse prévue le 27 janvier.
Source de l’article : H24info



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