Fès au cœur de la nouvelle dynamique de l’Afrique atlantique

Fès au cœur de la nouvelle dynamique de l’Afrique atlantique

Fès accueille, les 16 et 17 janvier 2026, la première édition du Colloque africain sur le développement économique et le management, un rendez-vous qui ambitionne de donner une traduction opérationnelle à la vision d’une Afrique atlantique intégrée.

Placée sous le prisme du partenariat Sud-Sud, cette rencontre réunira experts internationaux, universitaires et décideurs africains, confirmant le positionnement du Maroc comme hub continental en gestation. L’initiative s’inscrit dans un contexte de recomposition accélérée des équilibres mondiaux, où l’espace atlantique africain s’impose progressivement comme une nouvelle frontière géostratégique. C’est précisément pour décrypter ces mutations structurelles et en dégager des leviers d’action que l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah (USMBA), à travers la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales (FSJES), en partenariat avec l’Université Privée de Fès (UPF), a choisi de lancer ce colloque. Au-delà de sa dimension académique, l’événement se veut un véritable laboratoire d’idées, à l’interface entre la recherche universitaire et la décision publique. La portée du colloque dépasse en effet le cadre scientifique. Les organisateurs annoncent une participation politique de haut niveau, illustrant l’attractivité croissante du modèle marocain de coopération Sud-Sud. Une délégation ministérielle sénégalaise est notamment attendue, renforçant la centralité de l’axe Rabat-Dakar dans la dynamique d’intégration ouest-africaine et donnant un écho concret à l’Initiative Royale pour l’Afrique atlantique. L’enjeu est désormais de passer de la théorie de l’intégration aux mécanismes économiques concrets. ZLECAF, transition énergétique, logistique portuaire, chaînes de valeur et fintechs structureront les débats, avec une préoccupation centrale: comment transformer les complémentarités africaines en projets créateurs de valeur et en marchés intégrés.

Pour Hamid Akdim, professeur à la FSJES et membre du comité de coordination, le Maroc a franchi le stade du simple diagnostic. « La configuration actuelle des relations internationales impose une phase opérationnelle de la coopération Sud-Sud » , estime-t-il, soulignant la nécessité d’adosser l’expertise scientifique aux choix des décideurs publics. Selon lui, le positionnement géostratégique du Royaume favorise l’émergence d’une souveraineté partagée, fondée sur le renforcement des infrastructures de connectivité et la convergence des politiques économiques régionales. Les échanges programmés devront ainsi permettre d’identifier les leviers concrets du co-développement et de l’intégration des marchés africains.

À l’heure où les chaînes de valeur mondiales se redessinent, ce colloque ambitionne d’apporter des réponses sur la capacité du continent à mieux transformer ses ressources et à fluidifier ses échanges intra-africains. Le choix de Fès, capitale spirituelle et universitaire, n’est pas anodin: il rappelle que la profondeur historique du Royaume constitue le socle sur lequel se projette son avenir économique atlantique. Les conclusions de ces deux journées, très attendues par les observateurs économiques, devraient nourrir les stratégies publiques en faveur d’une Afrique atlantique plus connectée, plus compétitive et résolument tournée vers l’avenir. Le coup d’envoi sera donné le 16 janvier à l’École nationale des sciences appliquées (ENSA) de Fès. Les travaux se poursuivront le lendemain, 17 janvier, à la FSJES de Fès, avec des ateliers thématiques consacrés à l’approfondissement des enjeux techniques et sectoriels.

Y.S.A

Source de l’article : L'Economiste

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